Politique › Sécurité & Terrorisme

2017, La sécurité en question

Les capacités militaires maliennes devraient encore être renforcées en 2017 pour faire face à toutes les menaces.

Attaque djihadiste sur le territoire, banditisme, conflit intercommunautaires, difficultés dans la mise en œuvre de l’Accord, l’année 2016 qui touche à sa fin a été mouvementée sous bien des aspects. Alors que le pays se tourne vers 2017, que peut attendre le Mali de cette nouvelle année qui s’ouvre dans l’incertitude ?

Depuis le 30 juillet dernier, le territoire malien est sous état d’urgence, rétablit au lendemain de l’assaut contre un camp de l’armée à Nampala, dans la région de Ségou, où 17 soldats avaient trouvé la mort en juillet dernier. Cette mesure d’exception devrait prendre fin le 29 mars 2017, mais il y a fort à parier qu’elle sera de nouveau prorogée tant la situation sécuritaire dans le pays se dégrade. Au Nord du Mali d’abord, où les mouvements armés belligérants, GATIA et CMA, peuvent à tout moment rebasculer dans le conflit armé qui avait enflammé la région durant l’été 2016. Sur le terrain, à Kidal, les forces se repositionnent, on craint sur place un nouvel embargo, « plus rigoureux », dans la logique de ce conflit intercommunautaire dont la gestion de Kidal est l’enjeu. La région qui vit dans la crainte de nouveaux affrontements est aussi le théâtre d’une intensification des attaques djihadistes, à l’instar de la région centre et des zones frontalières avec le Niger et le Burkina Faso, menées par Ansar Dine est ses groupes affiliés, comme la Katiba Macina du prédicateur Hamadoun Kouffa, dans la région de Mopti. Leurs attaques ne visent plus seulement les forces étrangères ou maliennes, mais aussi les civils, le plus souvent victimes des engins explosifs improvisés que font essaimer ces groupes.

Renforcement Dans ce climat, la MINUSMA, cible régulière de ces attaques, va renforcer en 2017 son dispositif militaire. Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé, en juin dernier, l’envoi de 2 500 hommes, et l’extension du mandat de la mission multidimensionnelle pour protéger les civils et son personnel. Du matériel militaire, notamment des hélicoptères, des véhicules blindés et des moyens de renseignement, devrait venir équiper la force onusienne.

À l’offensive En visite samedi 17 décembre à Gao, le candidat de la droite à l’élection présidentielle française, François Fillon, a réaffirmé l’engagement militaire de la France au Mali, et a déclaré que « cette mission (Barkhane) avait vocation à durer ». Sa visite survient à un moment ou la force française multiplie ses opérations anti-terroristes dans la zone d’Abeïbara, fief des djihadistes d’Ansar Dine, et où les anciens combattants du Mujao se fédèrent pour former un nouveau groupe sous la férule de l’État islamique.

Blocages Un des remparts aux djihadistes et au banditisme qui prolifèrent dans ces régions pourrait être les patrouilles mixtes, composée de FAMa, de combattants de la Plateforme et de la CMA, dans le but d’amener plus de sécurité dans ces zones où les forces maliennes n’ont pas forcément droit de cité. Seulement, les petits mouvements armés font blocage, se disant écartés des instances décisionnelles du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) et se heurtent à l’intransigeance de la CMA qui conditionne leur inclusion à leur intégration dans les mouvements majeurs, HCUA et MNLA.

Personne à suivre en 2017 : Alghabass Ag Intalla

Le nouveau président de la CMA Alghabass Ag Intalla, a jeté lundi 19 décembre, un pavé dans la mare, via un communiqué qui, à la surprise générale, entérine le retrait de la CMA de toutes les commissions et sous-commissions du Comité de suivi de l’Accord (CSA), conditionnant son retour à la tenue d’une rencontre de Haut niveau et élargie avec la médiation internationale. Cet énième revirement remet en question l’opérationnalisation des patrouilles mixtes qui devait être effective avant cette fin d’année et brouille toute perspective d’une application diligente des termes de l’Accord. On ne sait pas pour le moment quelle suite ce positionnement radical aura pour l’année 2017, mais force est de constater, que 18 mois après la signature de l’Accord d’Alger, aucune avancée concrète ne se profile à l’horizon.

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