Politique › Diplomatie

Sommet Afrique-France :  5 ans de relations franco-maliennes

Le vendredi 13 janvier prochain, s’ouvrira le 27e sommet Afrique-France à Bamako, auquel prendra part le Président français, François Hollande, dont le quinquennat a été marqué, au plan de la politique extérieur, par l’intervention militaire française au Mali en janvier 2013.

Bamako, le 14 juillet 2016. Gilles Huberson, alors ambassadeur de France au Mali, célèbre la fête nationale de son pays avec plusieurs membres du gouvernement, des anciens Premier ministres, l’ancien président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, des membres de l’Assemblée nationale, des représentants des institutions maliennes, des représentants du corps diplomatique. L’ambassadeur indique que les relations franco-maliennes sont nées de quelques événements historiques que sont la traite des Noirs, la colonisation, les deux guerres mondiales au cours desquelles près de 80 000 soldats maliens ont combattu. «L’histoire est faite ainsi, a ajouté M. Huberson. Et si je n’entends pas occulter les tragédies, je souhaiterais insister sur ce qui nous unit : il est probable que les Antillais de France sont en partie d’origine malienne ; les petits-enfants des anciens immigrés maliens sont désormais français ; nos deux peuples partagent une même langue ainsi que des valeurs et des références communes. »

Mais, depuis quelques années, il y a un événement qui unit davantage les deux pays. Il s’agit, comme l’a relevé M. Huberson, de l’intervention française en 2013, à travers laquelle la France a démontré « qu’elle était prête à s’engager au soutien d’un pays Frère, en danger de mort. C’est cette nouvelle dynamique, c’est ce nouveau rapport entre la France et l’Afrique que reflétera le prochain Sommet Afrique-France, qui marquera aussi le retour du Mali sur la scène internationale ». Les 13 et 14 janvier prochains, Bamako, la capitale malienne, accueillera le 27e sommet Afrique-France dans un contexte difficile que traverse l’Afrique, marqué par des crises : enjeux, défis et perspectives, l’accaparement des terres, la migration, la gouvernance durable des ressources naturelles, l’éducation et la formation.

Il y a quatre ans, la France lançait l’opération Serval pour vider les trois régions du nord du Mali des hordes d’extrémistes d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), du MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) et d’Ansardine. Soit une année après l’arrivée au pouvoir de François Hollande, élu en 2012 après sa victoire face à Nicolas sarkozy, et qui avait voulu se démarquer de son prédécesseur en rompant avec la « Françafrique » que François-Xavier Verschave a défini, au début des années 2000, comme « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement… Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie. » Mais, vite, celui qui avait annoncé la mort de la « Françafrique » s’est forgé « un destin africain », « s’est africanisé », comme le montre dans son livre « Hollande l’Africain », Christophe Boisbouvier, journaliste à Radio France Internationale. En envoyant des troupes pour intervenir au Mali, François Hollande s’est attiré les critiques de ceux qui attendaient de lui qu’il signe la fin de cette politique française consistant à intervenir dans les affaires intérieures des anciennes colonies. En France l’opinion publique nationale lui a fait le reproche de ne trouver du confort qu’en Afrique où, relève l’écrivain djiboutien Abdourahman A. Waberi, « jamais la France n’a envoyé autant de militaires à l’étranger, et notamment au Sahel ». Cependant au Mali, il était vu comme le « sauveur », « Hollande le Malien ». La 27e édition du sommet Afrique-France, viendra clore 5 ans de politique africaine du président Hollande, qu’il qualifie, en ce qui concerne le Mali, de« succès ».

 

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