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L’économie au sommet

Pierre Gattaz, chef du patronat français

Alors que les ministres des Affaires étrangères seront en train de peaufiner les derniers documents à soumettre aux chefs d’État et de gouvernement, une autre rencontre d’importance se tiendra à Bamako, dans le cadre du sommet. Les patrons d’Afrique et de France se retrouvent en effet pour le Forum économique de Bamako.

Organisé par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), la rencontre regroupe le vendredi 13 janvier, 300 participants de haut niveau d’Afrique et de France, parmi lesquels des chefs de grandes entreprises, des dirigeants de banque, des représentants d’organisations patronales et d’ONG. Elle sera co-présidée par Pierre Gattaz, président du syndicat patronal français, accompagné d’une délégation de 60 patrons qui viendront échanger avec leurs pairs africains sur le partenariat et l’émergence sur le continent. Le Mali, quant à lui, sera représenté par environ 70 femmes et hommes d’affaires qui prendront part aux différentes activités de cette journée avec au programme deux séances plénières et des ateliers. « Plusieurs thématiques seront évoquées, telles que les énergies renouvelables, l’agriculture et l’agro-alimentaire, le financement de projets, le numérique et l’innovation, ou encore la diversification économique pour soutenir la croissance en Afrique », explique Mohamed Chérif Haïdara, chargé de communication du CNPM. « Ce sera une opportunité de défendre le secteur privé, vecteur de développement économique durable, sur le continent comme en France d’ailleurs », poursuit-il. Le président du MEDEF avait d’ailleurs déjà donné le ton en novembre 2016 en déclarant lors d’une conférence de presse à Paris, citée par le Monde.fr, que le « sommet Afrique-France de Bamako est d’abord un sommet politique […]. Mais nous allons en faire un sommet économique ». Au cœur de cette rencontre, la question de la création d’emploi et de richesse, en particulier pour la jeunesse d’Afrique et de France. Un temps fort de ce sommet sera d’ailleurs la rencontre des participants avec les jeunes. Le Forum de la jeunesse qui se tient au même moment recevra les patrons pour une plénière « Jeunesse, entreprenariat et entreprises ». Une occasion pour « discuter avec cette jeunesse africaine qui est positive, veut faire bouger les choses et parlera sans langue de bois. La question de l’égalité des chances entre les entrepreneurs africains et français sera par exemple évoquée », confie un jeune « startupper » malien, qui prendra part à la rencontre. Il y a déjà quelques semaines, le forum Jeunesse et entreprenariat à Paris avait été l’occasion de jetter les bases des échanges qui se poursuivront pendant ce sommet.

Opportunités Pour les patrons français, Bamako est un rendez-vous important pour repositionner la France des affaires sur le continent. En décembre dernier, se confiant au journal Le Monde, Pierre Gattaz évoquait la « raréfaction des entreprises françaises en Afrique ». « On ne les voit plus », déplorait celui dont l’organisation aurait préféré semble-t-il, aller en Côte d’Ivoire où les opportunités sont plus nombreuses mais aussi la sécurité moins problématique, comme le confiait dans le même article un haut responsable de l’organisation patronale, sous couvert d’anonymat.

Le forum économique est « surtout un espace d’échanges où nous allons nous retrouver », explique le Président du CNPM, Mamadou Sinsy Coulibaly. « On a beaucoup parlé des retombées économiques de ce sommet. Il ne faudra pas s’attendre à des signatures de contrats ou des choses de ce genre. Les gens n’investissent pas dans un pays parce qu’il y a eu un sommet. Ils viennent parce que les conditions sont réunies pour qu’ils puissent travailler,  faire des affaires et générer du profit », tempère le patron des patrons maliens, qui espère cependant que les échanges permettront de communiquer sur les opportunités du continent et du Mali en particulier.

 

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