Société › Justice

La magistrature en grève illimitée

Des syndicats de magistrats ont décidé d’entamer une grève à durée illimitée à partir de ce mercredi 18 janvier.

A la sortie d’une Assemblée extraordinaire tenue lundi dans la salle d’audience de la Cour d’appel de Bamako, les magistrats ont décidé à l’unanimité de prolonger leur grève, initialement prévue pour sept jours, en une grève illimitée à compter du mercredi 18 janvier. Deux groupes syndicalistes de magistrats, à savoir le SYLMA (Syndicat libre de la magistrature) et le SAM (Syndicat autonome de la magistrature) ont décidé de s’allier afin que le Gouvernement prenne acte et réagisse face à leurs revendications. En plus des deux syndicats, de nombreux magistrats venus de l’intérieur et de la ville de Bamako, ont également pris part à la rencontre.

Selon le président du SAM, le gouvernement n’aurait pas respecté des éléments essentiels du principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire et ses engagements internationaux, relatifs aux normes minimales sur l’instruction judiciaire et sur le traitement des magistrats. « Constatant la banalisation du mouvement syndical des magistrats par le pouvoir en place, caractérisée par le mépris, tirant les conséquences de la fermeture de la porte du dialogue par le gouvernement, le Syndicat autonome de la magistrature et le Syndicat libre de la magistrature ont, à l’unanimité, pris la décision de convertir leur grève initialement de sept jours, en grève illimitée jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications », a expliqué Cheick Mohamed Chérif Koné, président du SAM.

Le vendredi 6 janvier dernier, la rencontre de la dernière chance entre le Gouvernement et le Syndicat Autonome de la Magistrature avait échoué, et le SAM avait alors décidé d’observer une grève de 7 jours ouvrables du 9 Janvier 2017 à partir de minuit au 17 Janvier minuit, sur l’ensemble du territoire national. Ce mouvement d’humeur était la suite d’un préavis de grève en date du 23 décembre 2016.

Les Magistrats revendiquent l’augmentation de leurs salaires, afin de les mettre au même niveau que ceux de leurs confrères de la sous-région. En plus, les ressources financières générées par la Justice (consignations, amendes, enregistrements, etc.), s’établissent à plus de 15 milliards de FCFA par an. Ces ressources, dont une grande partie échappe à toute perception, constituent des manques à gagner par manque d’organisation. Découlant des activités de la Justice, elles représentent plus de 0,8% du montant des recettes budgétaires et dépassent les 12 milliards alloués chaque année au Département de la Justice.

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