Société › Justice

Grèves des magistrats : le gouvernement s’accroche au dialogue

La grève illimitée des magistrats a paralysé le système judiciaire. Le gouvernement, qui dit ne pas avoir les moyens pour satisfaire toutes les doléances, appelle au dialogue.

Sale temps pour le ministre de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté. Arrivé à la tête de ce département en juillet 2016, il fait face à la deuxième grève des syndicats des magistrats. Depuis le mercredi 18 janvier, le Syndicat autonome de la magistrature et le Syndicat libre de la magistrature ont allumé la mèche d’une grève illimitée, après 7 jours de grève déclenchée le 9 janvier.

Aujourd’hui, alors que hommes politiques, dignitaires religieux et autres membres de la société civile ont chaussé leurs babouches de médiateurs pour trouver une issue à la grève, le gouvernement et les magistrats continuent de se renvoyer la balle. « C’est un mouvement qui nous a été imposé, c’est le gouvernement de par son attitude de mépris, de dédain qui arrive à même radicaliser les gens. Personne n’a fermé la porte au dialogue. Il faut qu’on montre le droit chemin aux mauvais gouvernants. Il faut qu’on commence à sortir de l’hibernation», estime Dramane Diarra, secrétaire aux relations extérieures du syndicat. Face à la stratégie du rouleau compresseur employée par les magistrats, le gouvernement, par la voix du ministre de la Justice Me Mamadou Ismaël Konaté, objecte que « nous avons des exigences, des limites et des obligations budgétaires qui ne nous permettent pas aujourd’hui de prendre en charge une demande aussi importante que celle exprimée par les magistrats. Pour autant, le gouvernement a indiqué qu’il n’était aucunement pas fermé au dialogue ».

Que veulent les magistrats ?

Dans une interview qu’il a accordée à L’Essor, le ministre de la Justice, Mamadou Ismaël Konaté, explique que « les magistrats demandent 5 millions d’augmentation de salaire pour le premier président de la Cour suprême, 5 millions pour le procureur général près la Cour suprême. Ce qui fait une augmentation de près de 650%. Ils demandent en même temps 4,5 millions pour les conseillers et les avocats généraux au niveau de la Cour suprême, 4 millions pour les magistrats de grade exceptionnel, 3,5 millions pour les magistrats de premier grade et 3 millions pour les magistrats de deuxième grade. L’incidence de ces doléances sur le budget national représente par mois environ 2,8 milliards de francs CFA. Au total, elle est d’environ 34 milliards de francs CFA par an. » Ce sont là les point de revendications des magistrats qui, selon le ministre, ne peuvent être discutés que dans le cadre du dialogue.

Que perd l’Etat dans cette grève ?

A en croire le ministre Mamadou Ismaël Konaté, les conséquences de cette grève sont graves. Dans les commissariats de police et les brigades, les garde-à-vues sont prolongés, ce qui crée une surpopulation dans les cellules. A Gao, où il y a eu un attentat ayant causé la mort de plus de 80 personnes, explique le ministre, aucune enquête n’est possible «parce qu’il n’y a pas de juge, pas de procureur. » Pour le moment, tout ce que le ministre a à offrir aux magistrats, c’est le dialogue.

 

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