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L’Allemagne à l’assaut de l’Afrique

Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères allemand. L’Allemagne veut rattraper son retard en termes d’investissements sur le continent africain.

Ce sera quelques semaines après son voisin français. L’Allemagne, première puissance économique européenne, organise le premier forum économique avec l’Afrique de son histoire, le 23 mars prochain à Francfort. Il s’agira de renforcer ses liens commerciaux et familiariser les entreprises allemandes avec le continent.

En octobre 2016, à la fin de sa visite de trois jours dans la zone sahélienne, la chancelière allemande Angela Merkel mettait en exergue la nécessité pour l’Allemagne d’investir en Afrique. « Il est dans l’intérêt de l’Allemagne d’accompagner un développement positif de l’Afrique, l’aide publique au développement n’y suffira pas, les conditions de l’investissement privé doivent s’améliorer ». Pour l’heure, l’Allemagne n’investit « que » 10 milliards de dollars en Afrique chaque année, 90% se concentrant sur seulement trois pays (Afrique du Sud, Nigeria et Algérie), au moment où les entreprises germaniques ne réalisent que 2% de leurs activités en Afrique. Et selon les dernières statistiques disponibles, les échanges commerciaux germano-africains ont totalisé 60 milliards en 2013, un niveau bien inférieur à celui du commerce sino-africain qui a dépassé la barre des 200 milliards de dollars durant la même année.

Le forum Allemagne-Afrique vise donc à « combler le fossé » en facilitant le dialogue, les relations d’affaires et les échanges commerciaux. « Le besoin de l’Allemagne de toucher de nouveaux marchés coïncide avec les indicateurs économiques de plus en plus sains de nombreux pays africains, notamment la croissance de la classe moyenne, la meilleure stabilité politique et l’envie de développer la fabrication au niveau national », a déclaré Charles Huber, député et membre du Comité de coopération économique et de développement de la République d’Allemagne, précisant que « l’Afrique apprécie particulièrement l’éthique du travail, la précision et la fiabilité allemandes ».

L’énergie en avant. 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité. L’Allemagne voudrait donc investir ce secteur. « Les énergéticiens EON et RWE, déjà présents au Sénégal, devraient étendre leurs activités dans plusieurs autres pays », selon le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie, Sigmar Gabriel. L’extension du projet solaire Desertec, qui prévoit l’exploitation du potentiel énergétique d’Afrique du Nord, sera également évoquée.

Six des dix économies bénéficiant de la croissance la plus rapide au monde se trouvent en Afrique, et le continent devrait devenir la région à la croissance la plus rapide au monde jusqu’en 2040. Ce regain d’intérêt allemand n’est donc pas fortuit.

 

10 milliards de dollars d’investissements par an.

2% des activités en Afrique.

 

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