Société › Actualités Société

 Gao en résistance contre les autorités intérimaires 

Les habitants de la ville de Gao ont encore prouvé leur opposition aux autorités intérimaires en dénonçant le parachutage du président de région, désigné à Bamako. La Cité des Askia demande de nouveau à être partie prenante du processus de décision de l’Accord, pour défendre son histoire, sa culture, qui selon elle, « ne font pas partie d’un grand Azawad ».

« C’est normal que Gao résiste, elle s’est battue pour rester dans le giron malien et prend cette décision de Bamako comme une trahison. Je pense que sur ce point-là personne ne se fait d’illusion et je crois qu’un travail suffisant de préparation des esprits a manqué », explique sous anonymat ce haut-fonctionnaire du gouvernement proche du dossier.

Après la signature du document d’Entente en juin dernier, qui réduisait la part initiale de la société civile au profit des mouvements armés signataires, les habitants de Gao avaient marché pour protester. Une délégation gouvernementale leur avait alors donné l’assurance que les autorités intérimaires ne se mettraient pas en place sans consultation. Mais la nomination de Djibril Maïga comme président du Conseil régional a eu l’effet d’une gifle, enterrant ainsi la promesse. « Certains engagements qui ont été pris n’ont pas été tenus, mais vous savez les décisions politiques jurent parfois avec d’autres engagements. Il a fallu faire un choix », confie ce même haut fonctionnaire

Revendications À Gao, ce camouflet a provoqué l’ire des mouvements de résistance civile et des associations qui se sont alliés au CMFPR2, CMFPR3, à Ganda Izo et au CJA, pour rejeter les autorités intérimaires. « Celui qui a été désigné, Djibril Maïga, c’est le frère de Soumeylou Boubeye Maïga. Il est de leur famille et appartient à la Plateforme, qui n’a rien fait pour nous à part s’allier avec l’occupant », dénonce Moussa Boureima Yoro, porte-parole des mouvements de résistance civile. Les revendications ont été consignées dans deux lettres adressées aux présidents du Comité de suivi de l’Accord et de la Plateforme. Selon Yoro, la majorité de la population de Gao est contre les autorités intérimaires, et seule une minorité, manipulée par l’État et les partenaires qui leur donnent de l’argent pour convaincre sur le terrain, y serait favorable. « Nous voulons leur faire comprendre, une fois de plus, qu’ils ont le devoir de nous donner les places qui nous reviennent. Ils peuvent garder leur Djibril Maïga, mais ils doivent élargir les membres du conseil en faisant des places aux jeunes et aux femmes de Gao. Si cela ne se fait pas, nous n’accepterons pas la mise en œuvre de l’Accord », menace-t-il.

 

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut