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Un chef-d’oeuvre dogon aux enchères chez Christie’s

La société de vente aux enchères Christie’s en France, offrira aux enchères le 4 avril prochain, le masque de dogon de Rasmussen de Havenon, un chef-d’oeuvre de l’art africain ancien, qui était détenu par des collectionneurs privés pendant plus de vingt ans.

Ce masque exceptionnel a été découvert dans les années 50 par un réseau de marchands africains, dont Mamadou Sylla de Bamako, un important marchand. Au milieu des années 1950, Sylla céda le masque à l’un des plus importants marchands du marché parisien: René Rasmussen. Son ami, Gaston de Havenon, devenu un passionné d’art africain grâce à ses nombreux voyages d’affaires à Paris, où il a pu découvrir les célèbres galeries d’art parisiennes dont celles de René Rasmussen et Robert Duperrier, réussit a acquérir le célèbre masque, quelques années plus tard. Il le garda dans sa collection tout au long de sa vie. Un an après sa mort, en 1994, sa fabuleuse collection fut vendue à Drouot. A cette époque, le masque dogon fut inclus dans le catalogue de vente de la société d’enchère Drouot, un collectionneur privé américain en fit l’acquisition et le garda jusqu’à ce jour.

« C’est un moment incroyablement passionnant pour le marché de l’art à Paris et d’assister au retour de ce chef-d’œuvre emblématique. Ce masque archaïque dans un style unique par un maître sculpteur dogon du 18ème siècle, pourrait rivaliser avec des artistes contemporains occidentaux comme Bernini ou Rodin. C’est une œuvre indélébile qui apparaît dans toutes les grandes références de l’art africain. C’est seulement la deuxième fois en un siècle que l’oeuvre est disponible aux enchères », explique Susan Kloman, directrice internationale du département.

Le masque dogon Rasmussen de Havenon, est estimé à 2,5-3,5 millions d’euros et sera en vente chez Christie’s à Paris, le 4 avril 2017. L’expert Bernard de Grunne qualifie cette pièce, « d’objet unique dans son style dans le corpus connu des masques dogons; il peut être considéré comme le dernier objet témoin d’un type de masque pour lequel aujourd’hui aucune autre illustration ne survit. » Cette particularité est principalement due à son grand âge.

Le masque de Rasmussen de Havenon est impressionnant de par son iconographie exceptionnelle. Contrairement aux masques de Satimbe dont la figure féminine représente généralement une femme, dans le cas du masque Rasmussen de Havenon, elle est posée sur ses genoux tout en marchant sur un visage masculin.

Le sujet de la femme agenouillée est très répandu dans l’art dogon et trouve son origine dans une posture rituelle qui a été photographiée et documentée par Griaule lors des funérailles où la veuve et les sœurs du défunt s’agenouillent devant sa maison (M. Griaule, Masques Dogon, 1938, page 291, ill. 50).

Dans l’art dogon, les objets sacrés, auxquels appartiennent les masques permanents du Dama et du Sigi, étaient cachés dans les grottes de la falaise pour être protégés contre l’intrusion des non-initiés. Ils ont été conservés dans des espaces sacrés où les sacrifices et les libations étaient régulièrement versés sur eux. La patine noire et épaisse de ce masque indique une longue utilisation rituelle depuis plusieurs générations.

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