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Cheick Tidiane Seck : « Le jazz, c’est notre musique »

Cheick Tidiane Seck est la figure de proue du jazz au Mali.

Ce vendredi 28 avril démarre la 7è édition du Festival Bamako Jazzy Koumben. Avec l’une de ses têtes d’affiche, le musicien et producteur malien Cheick Tidiane Seck, alias Black Bouddha, évoquons le jazz vu par les Maliens et ce rendez-vous musical qui durera une semaine.

Vous êtes l’une des figures du jazz au Mali, en Afrique et au-delà. Comment se porte le jazz malien ?

Le jazz malien, il est là, même s’il est un peu disparate. Nos aînés qui ont voyagé ont amené dans leurs bagages beaucoup de disques de grands du jazz. Louis Amstrong est même venu ici à Bamako et c’était un triomphe. Je pense que le jazz a toujours été. J’ai pu jouer en prime time avec Henri Coleman, qui est l’inventeur du free jazz et j’ai co-arrangé « Amen » pour Salif Keïta avec celui qui a créé le jazz rock, Joe Zawinul. Je suis professeur à l’université de Los Angeles en Californie où je donne des cours sur les liens entre la musique ouest-africaine et le jazz. Mais je ne suis pas que jazz, je suis aussi dans la mouvance pop, Rn’b, rock. Je suis quelqu’un qui épouse tous les styles.

Que pensez-vous de la musique que font les jeunes Maliens aujourd’hui ?

Je pense qu’il faut les encourager et les amener doucement à intégrer de façon intelligente les instruments. Il faut qu’ils fassent attention parce que leur style encourage à la paresse : il suffit de connaitre les bases, aller sur l’ordinateur, prendre les sons des autres, les mettre en boucle et on dit qu’on a fait de la musique. Mais il y en a qui viennent de la musique et qui font ça bien. Il leur faut maintenant creuser nos rythmes pour en faire quelque chose comme l’ont fait les Nigérians avec le hi-life, qui est la base de la musique qu’ils font aujourd’hui.

Quel accueil le public malien fait-il au Festival Bamako Jazzy Koumben?

Les Maliens sont un peu timides sur ce festival. L’actuelle génération ne s’identifie pas trop au jazz. Pourtant quand on leur parle des Roots, des Fugees, ou de Black Eye Peas, ils les reconnaissent alors que leur rythmique vient du jazz. Je pense que le jazz a toujours été au Mali, depuis bien avant le temps de Bazoumana, qui est d’ailleurs un contemporain de Louis Amstrong. C’est notre musique. Quand on l’écoute on se rend compte que les canevas mélodiques et rythmiques ont été empruntés à la sous-région. C’est à nous d’amener le public malien à se réapproprier cette forme de musique, qui à ses racines chez nous.

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