Politique › G5 Sahel

G5 Sahel : les enjeux du sommet

Le président tchadien menace de retirer ses troupes engagées contre le terrorisme et de ne pas participer à la force conjointe.

Dimanche 2 juillet 2017, le Mali accueille les chefs d’État du G5 Sahel et le président français Emmanuel Macron pour un sommet sur les questions de sécurité et de développement, les deux piliers de l’organisation sous-régionale. À l’ordre du jour, l’opérationnalisation de la force conjointe, voulue par les Africains et soutenue par la France.

Après avoir obtenu la « bénédiction » de l’Union africaine, un financement de l’Union européenne et le feu vert à travers une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, la FC-G5S est parée pour quitter le registre du virtuel. Avec le soutien d’un partenaire de taille, la France. Cette dernière a en effet soutenu le projet devant ses pairs et c’est grâce à son implication que les États-Unis, fort réticent face à ce énième poste de dépenses sur le continent, ont finalement adopté la résolution 2359 entérinant la création de la force sous réserve de quelques amendements liés à ses modalités de fonctionnement.

C’est en effet ces dernières qui soulèvent le plus de questions. La résolution onusienne est très claire : c’est « aux États du G5 Sahel qu’il incombe de donner à la FC-G5S les ressources dont elle a besoin ». Ce qui est plutôt mal parti, si l’on en croit les récentes déclarations du président tchadien, dont le pays contribue à travers un gros contingent, à l’effort de paix au Mali et dans les pays voisins en proie à la menace Boko Haram. «Tout cela coûte excessivement cher et, si rien n’est fait, le Tchad sera malheureusement dans l’obligation de se retirer », a menacé Idriss Deby Itno, dans un entretien accordé à des médias français, le 26 juin. Un message entendu du côté de Paris où le succès de cette force comporte également plusieurs enjeux. La présence du Président Macron sur le sol malien pour la deuxième fois en moins de 3 mois l’illustre à souhait.

Enjeux français Aider ses partenaires africains dans l’opérationnalisation rapide de cette force permettra à la France de maintenir son leadership en tant qu’acteur de premier plan dans la zone, tant militairement que politiquement. Mais aussi et surtout d’offrir une porte de sortie aux 4 000 soldats français engagés dans l’opération Barkhane, que l’Elysée n’a aucune envie de voir s’enliser dans ce qui apparait aux yeux des analystes comme « le bourbier malien ».

Basée sur le sol et sous commandement malien, la FC-G5S y sera déployée en premier, dans la zone du centre du pays, à la frontière avec le Burkina Faso, selon des sources militaires. Il convient de rappeler que le nombre d’hommes a été réduit de moitié par le filtre du Conseil de sécurité, passant de 10 000 à 5 000 hommes. Réalisme des diplomates ? Ou balle dans le pied de ce nouveau-né dont on attend encore le premier cri ? On espère l’entendre retentir dès le sommet de Bamako, le 2 juillet prochain.

 

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