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Charte pour l’entente : que contient-elle ?

Elle a été remise au chef de l’État le 20 juin 2017, après plusieurs semaines de travail pour son élaboration. Très peu de Maliens savent ce qu’il y a dans les 60 pages du document censé leur redonner le goût de vivre ensemble. Journal du Mali l’a parcouru pour vous.

Des 18 pages issues des concertations et travaux préliminaires des différentes commissions est ressorti le document remis officiellement à la date symbolique du 20 juin. La Charte, tout comme l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, voire plus que ce dernier, se veut être la base d’un nouveau contrat entre Maliens. Après un rappel succinct des « fondamentaux », contexte de la tenue de la Conférence d’entente nationale qui s’est tenue du 27 mars au 2 avril derniers à Bamako et objectifs à elle assignés, le document s’articule autour de la consolidation de la paix et la réconciliation nationale. Une cinquantaine de pages est ensuite consacrée à la « cartographie des terroirs » du Mali.

Consolider la paix Le premier axe porte sur ce qui doit être fait dans le cadre de la résolution des « causes des troubles à la paix ». La mise en place de mécanismes de prévention des conflits et le retour systématique au dialogue et à la concertation sont rappelés comme des valeurs ancestrales de la société malienne à remettre au goût du jour. « Créer la confiance, assurer la restauration de l’autorité de l’État » sont des conditions impératives pour le retour à la paix et pour assurer sa durabilité. L’un des aspects importants mentionnés dans cet axe est l’aspect « spirituel » de la crise malienne. La Charte recommande donc de prendre en compte « le point de vue des confessions ».

Réconcilier le peuple « Pour être durable, elle doit se fonder sur la justice, que celle-ci soit répressive ou réparatrice et permettre de faire droit aux victimes ». Le pardon à accorder, à condition que « l’individu ou le groupe d’individus » ne soit pas « impliqué dans des crimes de guerre », est la clé de la réconciliation nationale. Cette « réconciliation est une attente pressante de l’ensemble du peuple malien, en particulier les femmes et les jeunes », explique le document. Pour y parvenir, le retour et la réinsertion des réfugiés, mais aussi l’amélioration de la gouvernance avec une meilleure répartition des richesses en tenant compte de la diversité et des disparités dans la population malienne, sont des conditions sine qua non. Sont recommandées entres autres, une amnistie pour les faits en lien avec la rébellion de 2012, l’arrêt des poursuites de ceux qui sont liés à ces évènements, qui reconnaissent leur culpabilité et demandent publiquement pardon. Ces mesures entres autres, permettront de « consolider la réconciliation nationale », gage de paix durable.

La Charte, qui élude la question épineuse de l’Azawad, cependant géographiquement détaillé, se veut un cadre de « référence à l’engagement moral entre les composantes de la Nation » pour « contribuer à combattre les multiples déviances » de l’administration malienne, recréer la confiance et renforcer l’état de droit.

 

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