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Le chef de la Minusma face à la presse

Après le renouvellement de son mandat le 29 juin 2017, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali a tenu une conférence de presse, mardi 18 juillet, à la Maison de la presse à Bamako. Animée par le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et chef de la MINUSMA M. Mahamat Saleh Annadif, accompagné d’une délégation dont son adjointe Madame Mbaranga Gasarabwe . L’objectif de cette conférence était d’informer la presse sur les priorités stratégiques du nouveau mandat de la Mission consacré dans la résolution 2364 du Conseil de Sécurité de Nations Unies.

Intervenant au Mali depuis 2013 par la  résolution 2100 du 25 avril de la même année, le conseil de sécurité de Nations Unies a renouvelé encore une fois le mandat de la mission le 29 juin dernier.

C’est suite à ce renouvellement que le secrétaire général des Nations Unies a souhaité échanger avec la presse sur le mandat de la Minusma, la situation actuelle qui sévit dans le pays, le processus de paix encours et autres développements connexes qui concernent le pays.

Le chef de la MINUSMA a remercié la presse pour avoir répondu à l’invitation, et a situé le contexte dans lequel cet échange intervient. Pour lui, l’échange intervient après trois semaines du renouvellement du mandat de la MINUSMA, il intervient aussi au moment où l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger a dépassé ses deux ans. La rencontre intervient également après la résolution 2359 qui annonce la mise en place d’une force conjointe des pays du G5 Sahel, une force saluée par le conseil de sécurité des Nations Unies, selon son représentant spécial.

Les éléments novateurs dans le nouveau mandat de la MINUSMA sont entre autres : la volonté des chefs d’Etat du G5 sahel à mettre en place une force conjointe soulignée pour la première fois dans la résolution, le processus électoral au Mali et le soutien réaffirmé par la résolution aux Forces de Défenses et de Sécurité Maliennes en lui donnant un soutien conséquent. « La MINUSMA est entrain de finaliser un protocole qui la liera avec les Forces de Défenses et de Sécurité Malienne », ajoute le représentant spécial.

Concertant le retour de l’Administration à Kidal prévu ce 20 juillet, M. Annadif estime que l’Accord a accusé un retard énorme. «  L’accord pour la paix et la réconciliation se définit par un certain nombres d’actions à mener pendant la période intérimaire, parmi lesquelles le retour de l’administration à Kidal. Il y a eu énormément de retard pour mettre en place ces mesures, qui sont des mesures pour restaurer la confiance, parmi lesquelles les autorités intérimaires et ce qui s’ensuit » a souligné le chef de la MINUSMA. « Mais depuis un certain temps les parties maliennes ont un cadre formel pour discuter entre elles. Le CSA intervient seulement quand il y a des blocages a précisé M.Annadif.

Les affrontements entre la CMA et la Plateforme interviennent aussi alors que le retour de l’Administration était prévu pour ce 20 juillet à Kidal. « Les discussions continuent entre les mouvements et le gouvernement pour annoncer un cessez-le-feu et acter de façon définitive ce chronogramme. » Le représentant spécial tout en reconnaissant la lenteur dans la mise en œuvre de l’Accord, regrette que les deux ans soient écoulés sans qu’on puisse installer les mesures intérimaires. Mais de même le secrétaire général reste optimiste même s’il estime l’Accord complexe et difficile. « Tant qu’il y a des discussions, tant que le dialogue existe on peut dépasser ces difficultés » temporise t-il. Pour lui la crise du Nord n’est pas née en 2012, c ‘est depuis les années 60 qu’elle existe. « l’Accord de paix est parrainé pour la première fois par la communauté internationale et tous les pays voisins du Mali », assure M. Annadif

Le commandant de la force a fait état de la nature du soutien de la MINUSMA aux Forces des Défenses et de Sécurité Malienne. Il y aura un partenariat avec les forces de défenses et de sécurité maliennes, des opérations, la coordination des opérations, échange de renseignements, soutien logistique, soutien à la formation et à l’entraînement, évacuation médicale etc.

Le chef de la MINUSMA a rappelé que la MINUSMA n’a pas pour mission de lutter contre le terrorisme. Elle a une mission de stabiliser. La force du G5 Sahel qui aura pour mission de lutter contre le terrorisme, contre la criminalité organisée et le trafic de drogue est une décision africaine et qui a été soutenue par le Secrétaire général des Nations Unies. Mais les attentes par rapport aux financements n’ont pas été comblées par le conseil de sécurité de l’ONU.

Sur le sujet qui divise le plus les Maliens aujourd’hui, le représentant spécial du secrétaire général parlant de la constitution dira que « la constitution c’est un débat interne aux Maliens » , « mais depuis quelques temps nous avons constaté qu’il y a deux camps qui ont commencé à se former ». C’est dans ce cadre que la MINUSMA a discuté avec la majorité présidentielle et les parties de l’opposition démocratique pour renouer le dialogue et trouver un consensus autour de la constitution. « Nous suivons les débats, nous essayons d’apaiser la tension » a indiqué M. Annadif. Il a aussi évoqué l’impartialité de la MINUSMA entre les groupes armés «  quand vous êtes accusés par les uns et les autres cela veut dire que vous faites votre travail de façon impartiale » a-t-il souligné.

M. Annadif n’a pas manqué d’évoquer le terrorisme qui ne connaît pas de frontière. Pour lui  «  La lutte contre le terrorisme est un phénomène plus complexe » et « sa réponse devrait être collective » a-t-il martelé. Répondant aux manques des sanctions vis-à-vis de ceux qui violeraient l’Accord, le chef de la MINUSMA pense que les sanctions constituent le dernier recours.

Annadif a appelé a « sauvegarder l’Accord avec beaucoup de précaution » car dira t-il les problèmes maliens sont un problème politique, la crise malienne n’a pas de solutions militaires.

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