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Développement des régions du Nord : une stratégie à peaufiner

Pour développer le Nord, les projets à financer devront être bien définis. L’accès à l’eau est l’un des enjeux cruciaux.

Le gouvernement souhaite injecter près de 2 000 milliards de francs CFA dans le cadre d’une Stratégie de développement des régions du Nord. Un ambitieux projet dont les contours doivent cependant être définis.

« Hisser les régions du Nord au même niveau que le reste du pays en termes d’indicateurs de développement et ce dans un délai n’excédant pas une période de 10 à 15 ans ». C’est en ces mots que le Dr Boubou Cissé, ministre de l’Economie et des Finances, a analysé la Stratégie de développement des régions du Nord lors de l’ouverture des travaux de l’atelier qui a planché sur la question les 17, 18 et 19 juillet. L’annonce est forte. Pour ce faire, 2 194 milliards de francs CFA devraient être mobilisés pour mener à terme cet ambitieux projet, qui va s’articuler autour de trois axes majeurs : l’amélioration de la gouvernance, l’accès aux services sociaux de base et le renforcement des infrastructures.

« C’est une bonne chose, c’est une thématique importante de l’Accord de paix. Toutes les composantes de l’Accord étaient représentées, pour que l’on soit certain de ne rien omettre » assure Ilad Ag Mohamed, porte-parole de la CMA. Le gouvernement malien s’est engagé à décaisser 100 milliards de francs CFA par an durant trois ans. Pour le reste, l’Etat mise sur l’apport des partenaires techniques et financiers.

« Il faut absolument qu’il y ait une transparence dans le financement. La question est de savoir comment seront injectés ces fonds et quelles seront les procédures. Il ne faut pas confondre les appuis budgétaires aux Etats et ceux qui seront injectés dans ce pourquoi ils ont été sollicités » prévient le Gouverneur de la région de Ménaka, Daouda Maïga.

Sur les ondes de la radio RFI, le premier Vice-Président des autorités intérimaires de Kidal, Abda Ag Kazina, a également émis certaines réserves. « Si on construit une école là où il n’y a pas d’eau… Pour la région de Kidal, transporter de l’eau, c’est un projet de 30 milliards. Ce n’est pas la mer à boire pour un pays ». Il déclare être « fatigué des petits projets de gouvernance » sans réel impact.

Ce ne sont pas les seules épines sur la route de ces projets de développement. « On ne peut mettre en œuvre ces projets sans l’implication effective des autorités locales. Il faut préalablement que les élections régionales se tiennent et que le Président du Conseil consultatif soit élu. La crise est d’abord politique, donc les populations locales doivent se sentir concernées » martèle le porte-parole de l’ex-rébellion.

Quid de l’insécurité ? Rendre effective cette Stratégie de développement du Nord dans des zones non sécurisées relève pour l’heure de l’utopie. Mais, à en croire Ilad Ag Mohamed, la problématique sécuritaire serait relative. « Aucun des acteurs de l’insécurité ne peut s’opposer au fait que de l’eau soit apportée dans les régions. Avec les moyens que nous avons, nous devons imaginer comment faire pour concilier développement et insécurité. Nous allons tout faire pour ».

Une vision partagée par le Gouverneur de Ménaka. « Si nous attendons la fin totale de l’insécurité, le point où on n’entendra plus une seule rafale, nous pouvons attendre 20 ans. Ce n’est pas souhaité » conclut-il.

 

 

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