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SOMAGEP : La qualité de l’eau en question ?

 

Ses clients sont de plus en plus nombreux à se méfier de l’eau proposée par la SOMAGEP. Manque de transparence, dépôts terreux ou goût bizarre, les critiquent fusent. Mais qu’en est-il réellement de la qualité ?

Procédons tout d’abord à une expérience. Remplissez un seau d’eau et laissez-le décanter quelques heures. A votre retour, il ne serait pas étonnant d’apercevoir au fond des particules de boue et d’observer que le liquide n’est pas aussi clair qu’il devrait l’être. Ce constat, beaucoup de consommateurs l’ont fait sans forcément le vouloir. Ils pointent du doigt la qualité de l’eau. « Nous avons des tuyaux souterrains, et souvent, lorsque certains sont cassés, avant leur réparation de la boue peut s’infiltrer. Il se peut aussi qu’il y ait une fuite, un point d’infiltration », explique Boubacar Kane, PDG de la SOMAGEP. A l’en croire, la société met tout en œuvre pour offrir une eau de qualité aux consommateurs. « Nous ne réfutons pas le fait que l’eau soit souvent d’une certaine couleur. Cela n’a aucune incidence sur la santé car il suffit de la laisser couler quelque temps pour qu’elle redevienne claire. Chaque année, la SOMAGEP dépense 2 milliards pour le traitement de l’eau », ajoute-t-il.  Avant que l’eau ne soit consommée, une batterie de contrôles en amont est effectuée pour s’assurer de sa potabilité. « Nous avons un laboratoire interne de contrôle et, au-delà, nous sommes contrôlés par le Laboratoire national de l’eau et par le Laboratoire national de la santé ».

Efforts à faire

En dépit de tous ces contrôles de qualité, de nombreux efforts restent à faire pour diminuer significativement les risques. « Pour traiter l’eau, la SOMAGEP utilise de l’Eau de Javel et il faut qu’il y en ait 0,5mm3 par litre d’eau. L’Eau de javel est très volatile, il n’est donc pas facile de garder cette concentration tout au long du processus », explique le Pr Benoit Yaranga Koumaré, Directeur général du Laboratoire national de la santé. Il estime qu’il faut absolument éviter que des micro-organismes toxiques n’infiltrent dans l’eau, ce qui serait dangereux pour la santé, et que pour ce faire la société devrait s’atteler à la protection des berges du fleuve Niger, l’une des sources principales de la SOMAGEP. « Les teinturières déversent leurs toxines dans le fleuve et l’Eau de Javel ne peut rien contre ces produits ». Le danger n’est donc pas exclu et le risque zéro pas encore atteint. Le laboratoire a mené il y a peu une étude sur la qualité de l’eau dans le District de Bamako, avec un résultat jugé « très peu satisfaisant ».

 

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