Société › Éducation

L’OMEL et les acteurs du livre passent le secteur à la loupe

Du 13 au 14 décembre 2017, l’Organisation malienne des éditeurs du livre (OMEL) et ses partenaires se sont réunis au centre Aoua Keïta à Bamako pour valider les recommandations de l’étude sur le secteur. Une étude commandée par l’OMEL pour résoudre les difficultés rencontrées par le secteur.

Le colloque est la suite des recommandations d’une étude commanditée par l’OMEL avec l’appui du projet canadien PAGE. L’étude a fait le diagnostic des forces et des faiblesses des acteurs du livre. L’un des constats majeurs est l’absence d’un véritable état des lieux. Ce qui fait qu’il n’existe pas une identification claire des acteurs du livre et de la situation réelle du livre. Qui sont les éditeurs ? Comment les livres sont-ils produits ? Par qui sont-ils écrits et à qui sont -ils destinés ? Autant de questions essentielles dont les réponses permettront d’éclairer les acteurs pour sortir de l’impasse. Car, en effet, le secteur ne se porte pas bien, selon Monsieur Hamidou Konaté le président de l’OMEL. « Nous avons remarqué que souvent certains viennent à l’édition parce qu’ils ont entendu que cela marche. Concrètement, cela ne peut pas durer. Il faut que l’éditeur soit reconnu conformément aux textes en vigueur », déclare-t-il. Les questions relatives aux rôles des différents acteurs ont aussi été abordées par les acteurs dans l’étude dont les recommandations sont analysées et discutées au cours de ce colloque de deux jours.

Des défis importants

Si la production du livre est un défi, l’usage du livre en est un autre. Etant donné que la lecture ne doit pas être limitée au domaine scolaire, la question du lectorat se pose avec acuité. « Il faut lire pour le plaisir, pour apprendre et pour comprendre », explique M Konaté, pour qui cela est loin d’être un acquis dans notre société. « Le secteur se porte comme le pays, malheureusement. Notre premier client est l’État. Si nous faisons les manuels scolaires c’est l’État qui achète pour les mettre à la disposition des écoles. Depuis la crise de 2012, le secteur souffre d’une absence totale de commande de la part de l’État.  Il y a bien sûr des partenaires à travers le soutien desquels le ministère [de l’éducation : NDLR] acquiert des livres. Mais il faut que le livre soit mis au cœur des préoccupations des autorités », souhaite M. Konaté.

Productions de manuels scolaires

Il existe deux procédés. Soit l’éditeur choisit un domaine et s’adresse à ceux qui peuvent écrire. Lorsque l’auteur a terminé, le livre est envoyé au ministère pour validation. « Ce processus prend souvent trop de temps et soit l’éditeur se décourage ou l’idée est reprise par un autre qui joue de ses relations pour sortir le livre. C’est tout cela que l’on veut combattre », ajoute M. Konaté. Le deuxième procédé consiste pour l’éditeur à fabriquer le livre et à chercher des écoles qui vont l’acheter. Malgré ces difficultés, l’OMEL ne « veut pas se laisser abattre. Car nous croyons en notre pays, à ce que nous faisons », déclare le président de l’OMEL. La question de la fréquentation des bibliothèques est aussi à l’ordre du jour. C’est pourquoi, éditeurs, écrivains et autorités passent en revue ces questions pour trouver les solutions idoines. Il faut « donner la priorité au livre. Connaître notre histoire mais aussi ce qui se passe ailleurs. Parce que nous ne vivons pas en vase clos », souligne M. Konaté.

Politique à mener

Pour relever les défis, l’OMEL souhaite un effort accru des autorités. L’État du Mali a adopté l’accord de Florence qui prévoit la détaxe des livres et des intrants importés. Mais la loi n’a toujours pas été ratifiée devant l’Assemblée nationale. Cela dure depuis deux/trois ans. Le livre produit localement, aussi, doit bénéficier de cet avantage, car le faible pouvoir d’achat des populations et le non ancrage de la lecture font que le livre n’est pas beaucoup acheté.
« Il faut une politique d’encouragement à la lecture. Et les éditeurs trouveront des astuces pour faire des livres moins chers plus accessibles », promet M. Konaté. À l’issue du colloque une grande manifestation se tiendra en janvier où les autorités et les partenaires seront invités pour exposer les conclusions et les recommandations.

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