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Alou Coulibaly : « Cette décision sera attaquée devant la Cour Suprême »

Suspendu trois mois à l’issue du Conseil des ministres du 24 janvier, pour « plusieurs fautes graves contraires à la loi », selon le ministre des Collectivités Territoriales, le maire de la Commune VI, Alou Coulibaly, dénonce une décision « arbitraire ».

Journal du Mali : Quelle analyse faites-vous de votre suspension ?

Alou Coulibaly : Ce que l’on me reproche officiellement porte sur trois points. Tout d’abord, un ordre pour une mission qui n’a même pas eu lieu. Sur l’ordre de mission, ce n’est pas ma signature. Je me demande pourquoi la personne qui a signé n’a pas été suspendue ?

On m’accuse aussi d’avoir accordé des dispenses de TDRL (Taxe de développement régional et local). Cette taxe est du ressort du maire et la loi exempte certaines personnes de son paiement, les femmes qui ont eu plus de quatre maternités, les personnes du troisième âge, les hommes du rang, les indigents…

Le troisième point concerne le recrutement de quatre agents. Je m’en suis déjà expliqué. Le service était paralysé et il y avait des besoins urgents. Le bureau communal, mes cinq adjoints et moi, a échangé et trouvé opportun de recruter pour renforcer le dynamisme de la mairie. Depuis que je suis maire, les travailleurs de la mairie n’ont jamais souffert de retards de paiements, ce qui prouve à suffisance que le budget peut supporter ces recrutements. Je pense que c’est une décision arbitraire, consécutive à l’autorisation accordée à Moussa Sinko de tenir son meeting.

Au-delà du meeting, une connexion trop étroite entre vous serait aussi en cause ?

C’est un rapport citoyen – maire de commune. Il avait besoin du stade municipal pour tenir son meeting et nous a demandé l’autorisation. Quand un citoyen écrit au maire, le maire est obligé de répondre. Et, s’il venait à refuser l’autorisation, il est obligé de motiver ce refus. Le bureau communal, après analyse, n’a pas trouvé de raisons de refus. Comme maire, j’étais dans mon rôle d’autorité de police judiciaire et de police administrative. D’ailleurs, ce meeting s’est tenu sans incident.

Avez-vous des voies de recours ?

Bien entendu. La justice est là pour tout le monde. Cette décision sera attaquée au moment opportun devant la section administrative de la Cour Suprême.

Une plainte ?

Oui, car je ne suis pas d’accord. Je suis donc obligé de porter le problème devant qui de droit.

Si vous n’avez pas gain de cause, quelle sera la suite ?

Je ne le sais pas encore.

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