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2017: Une année difficile pour les droits humains

Amnesty International a procédé au lancement régional (Afrique de l’Ouest et du Centre) de son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme dans le monde. Cette présentation qui se fait pour la première fois au Mali, dresse un bilan plutôt sombre de la situation des droits de l’Homme avec l’entretien « d’un climat de peur pour justifier les attaques contre les défenseurs des droits de l’Homme dans la région ». L’organisation souligne tout de même que l’espoir est permis.

Le rapport annuel d’Amesty International pointe du doigt une dégradation de la situation des droits de l’Homme dans la région Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette aggravation de la crise des droits de l’Homme se manifeste à travers la répression des manifestations. Amnesty relève que dans 20 pays africains des atteintes ont été portées au droit de manifester. Au point que « les cas dans lesquels le droit à la liberté de réunion était respecté représentaient l’exception et non la règle », ajoute le rapport. Dans le même temps, les attaques à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme, des journalistes et des militants de l’opposition se sont multipliées. Les cas du Cameroun, du Tchad, de la Guinée équatoriale et d’Érythrée ont été cités.

Les violences engendrées par les conflits ont également occasionné des exactions notamment de la part de groupes armés. C’est le cas au Cameroun, au Niger, au Nigeria, en République centrafricaine, en RDC, en Somalie et au Mali.

Installé dans une zone de turbulences depuis 2012, la Mali enregistre également ces cas de violation. Le rapport souligne que « l’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Mali et la MINUSMA » ont exprimé « leurs inquiétudes quant à de graves menaces pour la sécurité dans les régions du nord et du centre ».  Ce qui constitue un danger pour les civils et les empêche d’accéder « aux services sociaux de base.»

L’insécurité, une des causes de violation des droits.                                   

La MINUSMA a recensé 252 atteintes aux droits humains imputables aux forces de sécurité ou à des groupes armés et ayant fait plus de 650 victimes. Elle a également recensé 21 exécutions extrajudiciaires et homicides délibérés et arbitraires, 12 disparitions forcées et 31 cas de torture et autres formes de mauvais traitements. Le rapport met l’accent sur des exactions menées par les groupes armés dans les régions de Mopti et Ségou. Il ajoute que « la présence accrue des groupes armés et le recrutement local  ont aggravé les tensions entre différentes ethnies.» Les forces de maintien de la paix, les forces de sécurité maliennes et les forces françaises de Barkhane ont été la cible de 155 attaques, selon la MINUSMA. Et ce sont 30 personnes travaillant pour la force onusienne qui ont trouvé la mort dans des attaques revendiquées, pour la plupart par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Une insécurité qui a remis en cause le droit à l’éducation pour plus de 150 000 enfants. Ainsi  plus de 500 écoles de Gao, Kidal, Ségou, Mopti et Tombouctou sont restées fermées toute l’année. La situation des personnes détenues dont plus de 1 366 de la prison centrale de Bamako étaient en attente de leurs procès, et l’impunité dont les « efforts ont perdu de leur vigueur » selon le rapport, ont aussi retenu l’attention sur la situation du Mali.

L’espoir est permis

Même s’il s’alarme du fait que « la haine est passée du discours à la réalité », M. Alioune Tine directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale estime que l’espoir est permis. Car « le fait que des milliers d’habitants de la région continuent à défendre leurs droits montre que les revendications de liberté, de justice et d’égalité persisteront toujours ». Et plutôt que de répondre par la répression, il invite les « Etats d’Afrique de l’Ouest et du Centre » à traiter les causes pour lesquelles les populations protestent, comme les questions de santé, de logement et d’emploi.

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