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Apatridie : Ces « personnes invisibles » qu’il faut sauver

Selon la Convention de New York du 28 septembre 1954, est considérée comme apatride « toute personne qu’aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation ». Aujourd’hui, en 2018, la problématique de l’apatridie demeure pertinente, surtout en Afrique de l’ouest, d’autant plus que dans un communiqué rendu public récemment par le Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés, 700 000 personnes y sont toujours apatrides. Le Mali tente de réduire significativement ce chiffre en initiant des actions d’envergure nationale.

Les causes de l’apatridie sont multiples. Elles sont d’ordres politique et administratif, entre autres. « Le manque d’acte de naissance peut mener vers l’apatridie. Il y a aussi certaines législations qui ne favorisent pas la transmission de la nationalité, par exemple dans un pays où la femme ne peut pas la donner à son enfant », explique Mamadou Sidibé, Chargé de protection et Point Focal Apatridie au HCR, Bureau du Mali.

Le plus grand défi de ce phénomène est l’identification de ces « personnes invisibles ». Actuellement, au Mali, il est difficile d’avancer un chiffre, mais à en croire  Mamadou Sidibé, il ya un  positionnement du HCR lors du prochain recensement, en 2019, pour que les questions relatives à la nationalité puissent permettre de donner des chiffres quantifiables. Mais, précise-t-il, «  nous savons qu’il y a des populations à risque dans le pays, notamment les réfugiés mauritaniens qui ont quitté leur pays depuis 1989, qui ne sont pas reconnues par la Mauritanie comme ses ressortissants et qui n’ont pas non plus la nationalité malienne. Beaucoup de Maliens de l’extérieur sont dans des situations identiques, ils sont nés il y a une ou deux générations et  avec les changements des législations de ces pays, on ne leur donne pas de papiers ».

Le Mali a adopté un Plan d’actions national pour l’éradication de l’apatridie. Un comité interministériel, mis sur pied par un arrêté, se penche déjà sur cette question, en partenariat avec le bureau du HCR. Un atelier de validation a eu lieu il y a peu à Kayes pour accélérer le ciblage. « Nous avons commencé par les dossiers les plus simples, notamment les ressortissants de Mauritanie de la deuxième génération, c’est-à-dire qui sont nés au Mali. Le Code de la nationalité malienne leur permet d’avoir la nationalité de notre pays. Nous facilitons les démarches pour qu’ils puissent y accéder », révèle le Chargé de Protection du HCR dans notre pays.

 

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