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Francophonie : S’appuyer sur les langues locales

Le Mali est l’un des 84 Etats et gouvernements membres de la francophonie, née le 20 mars 1970. Le français qui est la langue officielle du pays vit grâce « au dynamisme des langues nationales ». C’est le constat des acteurs pour qui, l’épanouissement du français est liée à celui de ces langues.

« La langue française se porte bien ici. Elle se porterait mieux si nos autorités accordaient plus d’importance à nos langues nationales, parce que ce sont nos langues qui participent à l’animation de cette langue française », estime Monsieur Hamidou Konaté président de l’Organisation des Editeurs de Livres du Mali (OMEL). Loin d’être en contradiction, la langue française et nos langues nationales vont ensemble, selon l’éditeur. Car elles s’enrichissent les unes des autres. Ce qui explique qu’en tant qu’éditeur, il édite des livres en français et dans nos langues. Car celui qui sait lire dans sa langue, sera tenté de lire en français et vice-versa.
Que ce soit au Mali ou ailleurs en Afrique, la langue française s’enrichit de nouveaux mots que ses locuteurs qui parlent une autre langue utilisent. Des langues qui ne doivent pas être considérées comme des sous-langues, par les défenseurs de la langue française, selon notre interlocuteur.
Soutenir la langue française, c’est donc soutenir les langues nationales, qui nourrissent le français, « car s’il se limitait au français de France, il serait mort il y a longtemps », ajoute M. Konaté.
Français et langues locales sont complémentaires
Apprendre nos langues est en outre un impératif de développement, car, « aucune nation ne peut se développer avec une autre langue », relève M. Konaté. Facteur de développement, mais aussi premier élément culturel, nos langues, dont l’apprentissage doit être généralisé depuis le bas âge et surtout être suivi selon le docteur N’Bégué Koné, Maître assistant à la Faculté des Lettres, Langues et Sciences du langage à Bamako, sont aussi un facteur de cohésion.
S’il estime aussi que la langue française se porte bien ici, « elle a besoin de réglages, car elle est en train d’être dénaturée.» En cause, la chute des niveaux constatée notamment avec l’abandon de la méthode syllabique, selon le docteur Koné. Pour y remédier, il faut « faire des efforts pour redonner le goût de la lecture et la pratique de la langue », tout en assurant la continuité dans l’enseignement de nos langues.
« Bien enseigner la langue française à travers la langue nationale qu’on maîtrise », c’est aussi ce que préconise M. Aldjouma Kassogué, étudiant en Lettres pour que le français puisse continuer à s’épanouir au Mali. Autrement, c’est « le français de la rue », qui s’impose, et même dans les administrations publiques. L’autre danger qui guette la langue de Molière est la tendance à écrire à travers des abréviations, surtout les « SMS », pour lesquels nous ne prenons plus la peine d’écrire les mots pour formuler les idées.

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