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La crise diplomatique avec les USA en couverture des journaux camerounais

Les derniers développements de la montée de tension avec l’exécutif américain, dont le chef de mission à Yaoundé a été convoqué au ministère des Relations extérieures pour avoir appelé le président Paul Biya à quitter le pouvoir, occupent le haut de l’affiche des journaux camerounais parus jeudi.«Ingérence des États-Unis : la riposte du Cameroun» ; «Relations extérieures : l’ambassadeur des États-Unis convoqué» ; «L’ambassadeur des États-Unis convoqué au MINREX», titrent respectivement InfoMatin, Le Jour et le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune (CT).

Selon les deux premières publications citées, le diplomate Peter Henry Barlerin, convoqué mardi par le ministre délégué à la présidence de la République en charge des Relations extérieures Lejeune Mbella Mbella, qui l’a non seulement été invité à respecter son pays d’accueil, mais surtout à s’abstenir de déclarations inamicales ou offensantes.

Le régime de Yaoundé, appuie CT, lui «a fait part de la vive désapprobation du gouvernement camerounais face à une démarche qui viole les usages diplomatiques et les règles de civilité et de droit».

«Diplomatie : le pouvoir ouvre un front contre les États-Unis» est la principale manchette du quotidien à capitaux privés Mutations, qui publie la mise au point musclée du MINREX.

Le gouvernement, renchérit The Guardian Post, entre en confrontation avec l’ambassadeur américain, convoque l’ambassadeur Barlerin pour un interrogatoire et ridiculise le diplomate dans une mise au point.

«Couac diplomatique : Donald Trump rappelle son ambassadeur à Yaoundé», révèle par ailleurs le bihebdomadaire L’Essentiel, pour qui Peter Henry Barlerin, qui a précipitamment quitté son pays d’accueil la veille au soir, vient d’être sanctionné par son administration pour ses déclarations choquantes et discourtoises.

«L’ambassadeur des États-Unis a quitté le Cameroun cette nuit», acquiesce L’Anecdote qui met ce revirement en parallèle avec la lettre de félicitations que le président américain venait d’adresser à son homologue camerounais Paul Biya, à l’occasion de la célébration le 20 mai dernier de la Fête de l’unité nationale.

Pour l’hebdomadaire satirique Le Popoli, Peter Henry Barlerin a capitulé : le diplomate est représenté en caricature, se faisant tirer l’oreille par le MINREX qui lui ordonne de répéter, à propos des insinuations sur de supposées exactions des forces de défense et de sécurité sur le front de la lutte contre les sécessionnistes anglophones : «Ma langue a glissé.»

L’ambassadeur US, résume InfoMatin, tout en plaidant le fait que ses propos avaient été mal interprétés par la presse, a dit avoir pris bonne note des objectons qui ont été faites par le gouvernement camerounais et a, au contraire, tenu à réfuter l’idée selon laquelle il est venu changer le leadership du Cameroun et ne saurait partager les positons des sécessionnistes.

En prenant soin de préciser que l’élection présidentielle prévue cette année sera organisée, comme par le passé, suivant les règles démocratiques qui s’imposent, les citoyens en âge de voter ayant alors l’occasion d’exprimer, librement, leur volonté, Lejeune Mbella Mbella, selon Mutations, vient quasiment de confirmer que Paul Biya, aux affaires depuis 1982, est d’ores et déjà sur les starting-blocks.

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