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Mortalité infantile : le projet « CHAMPS » expliqué aux femmes de Bamako

Le Centre pour le Développement des Vaccins (CVD-Mali) a organisé mardi 14 août 2018 à son siège au sein du CNAM, une rencontre avec les femmes des quartiers de Djicoroni Para et Banconi, portant sur la santé maternelle et infantile. Inscrite dans le cadre des activités du protocole d’étude intitulé CHAMPS « Surveillance de la santé et la Prévention de la Mortalité infantile », cet échange a essentiellement consisté à informer ces mères de famille sur cette thématique primordiale dans notre société.

Plus d’une cinquantaine de femmes ont répondu présent à cette rencontre au cours de laquelle elles ont été largement informées et sensibilisées sur le bien-fondé du projet. Après avoir suivi les explications de l’équipe du CVD-Mali notamment sur le CHAMPS et la recherche formative, leurs interrogations et éventuelles réticences par rapport à l’acceptation même des procédés ont été prises en compte.
Action urgente

Figurant parmi les dix pays avec le taux de mortalité les plus élevés au monde selon un récent rapport de l’UNICEF, notre pays le Mali fait face à un besoin d’urgence pour inverser cette sinistre tendance. C’est l’une des principales raisons qui sous-tendent le projet « CHAMPS », à savoir spécifiquement, connaître les vraies causes du décès des enfants de moins de 5 ans dans les pays en voie de développement, en vue d’engager des actions appropriés.
Etude formative

Pour ce faire, en amont, le projet met en avant une étude formative qui se préoccupe essentiellement des questions connexes à l’atteinte des objectifs fixés. « Elle est diligentée par une équipe de socio-anthropologues pour examiner l’acceptabilité des procédures proposées dans le cadre du projet, sa faisabilité ainsi que la perception de la communauté par rapport aux normes culturelles. », souligne Dr Adama M. Keita, coordonnateur du projet.
Etat de la surveillance

Quant à la surveillance de la santé maternelle et infantile dans ces deux quartiers du district de Bamako que sont Djicoroni Para et Banconi, elle se passe très bien à en croire Dr Keita. « Nous avons un engagement communautaire adéquat que nous sommes en train de renforcer avec ces réunions. Les leaders communautaires ainsi que les religieux sont tous impliqués dans cette surveillance » assure –t-il.

 

Méthodes employées

On relève deux façons de déceler la cause du décès des enfants : le MITS (prélèvement minimal moins invasif) avec les seringues et l’autopsie verbale qui consiste en une discussion avec les parents pour retracer un peu l’histoire de la maladie à l’origine du décès. « J’avais refusé de céder le corps de mon enfant décédé pour autopsie parce que je n’avais pas compris que c’était pour le bien de la communauté », avoue l’une des femmes, qui rassure être dorénavant prête à collaborer. Ces différentes dames auront en retour, pour mission, de passer l’information auprès de leur entourage afin que le message atteigne la majorité.
Débuté en 2016, le projet « CHAMPS » est prévu pour s’étaler sur 20 ans. Il est mené par le Centre pour le Développement des Vaccins en partenariat avec l’université de Maryland aux Etats-Unis et le ministère de la Santé et de l’hygiène publique du Mali. En plus de notre pays, qui est le seul francophone bénéficiant de ce projet, il est également établi dans 6 autres que sont l’Afrique du Sud, le Bengladesh, l’Ethiopie, le Kenya, le Mozambique et la Sierra Leone

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