Société › Éducation

Mamadou Bah : « il faut absolument que l’autorité appuie les activités de ce genre dans les communes »

Débutés officiellement le 13 août 2018 et prévus pour s’étaler sur cinq semaines, les cours de vacances gratuits qu’organise le Conseil local de la jeunesse du quartier d’Hamdallaye à Bamako sont à leur cinquième édition. Mamadou Bah, le président du conseil revient ici pour Journal du Mali, sur les contours de cette activité désormais de référence pour des « vacances utiles » aux élèves de la capitale.

Présentez-vous et dites nous pourquoi vous organisez ces cours ?

Je me nomme Mamadou Bah. Je suis le président du conseil local de la jeunesse d’ Hamdallaye, en commune IV du district de Bamako. Cela fait cinq éditions, depuis 2014 que nous organisons des cours de vacances gratuits à l’intention des élèves de la 5ème année à la 9ème. C’est non seulement pour venir en aide aux enfants du quartier mais aussi pour les former afin de faire face aux classes supérieures et également être recyclés, que le Conseil des Jeunes a initié cette activité. Comme vous le savez nous sommes dans un quartier où rares sont les parents d’élèves qui peuvent envoyer leurs enfants dans les cours privés payants. Cette année, nous avons lancé les activités solennellement le 8 août mais les cours ont effectivement débuté le 13.

Comment se déroule les cours ?

Les cours se font dans la cour de l’école Sory Diakité à Hamdallaye. Ils ont été initiés pour les enfants de Hamdallaye mais pratiquement la majorité des enfants des autres quartiers de la commune IV y participent. A la descente nous voyons des parents qui nous disent qu’ils viennent de Lafiabougou, de Djicoroni et autres. Il y a également  beaucoup d’enfants de Badialan, en commune III, qui participent à ces cours, vu la proximité avec Hamdallaye. Les cours de déroulent de 8h à 10h30. Au second cycle, de la 7ème à la 9ème, nous dispensons les cours dans cinq matières à savoir le français, les maths, la physique, la chimie et l’anglais. En 5ème et en 6ème année, ce sont les généralités. A la fin, nous organisons une cérémonie de clôture au cours de laquelle les meilleurs élèves, notamment les cinq premiers de chaque classe, reçoivent des kits scolaires, grâce à nos partenaires.

Comment gérer vous les enseignants qui interviennent, vu que les cours sont gratuits ?

Les cours sont gratuits pour les élèves. Mais nous payons les enseignants. D’abord par le bureau. Nous puisons dans notre caisse pour les payer. Mais, à priori, nous prenons d’abord les enseignants qui sont membres du bureau, vu que nous en avons beaucoup. Nous lançons  aussi un appel pour le recrutement d’autres enseignants mais nous privilégions les nôtres. Nous avons  également des partenaires, à l’instar de la mairie de la commune IV, qui nous vient en aide depuis la première édition jusqu’à nos jours,  d’une ONG turque  du nom de « Temps d’aide » œuvrant dans l’humanitaire et nous  bénéficions aussi de l’appui de certaines  personnes ressources dans le quartier telles que le chef du quartier et le président d’honneur de notre bureau. Beaucoup d’autres nous aident parce qu’ils ont compris que ce que nous faisons relève d’une tâche de citoyenneté.

L’édition de cette année, a-t-elle une particularité?

Cette année, nous avons enregistré beaucoup d’élèves qui suivent ces cours, qui ne viennent pas de Bamako mais plutôt des régions. Nous avons constaté que  ces enfants sont majoritaires pour cette édition. Ce sont en général des élèves en vacances chez des parents à Bamako. Par ailleurs, une autre chose à signaler, et cela a toujours été comme cela, depuis la première édition, il y a toujours eu une participation massive des élèves filles par rapports aux élèves garçons.

 

Avez-vous un système de suivi de la progression des élèves après la fin des cours et tout au long de l’année scolaire ?

Chaque année, nous recensons tous les élèves  et leurs écoles respectives. Nous incluons également la collaboration avec les parents d’élèves. Je peux vous dire qu’aujourd’hui toute la commune IV, voire tout Bamako est au courant de cette activité. Vu le calendrier électoral de notre pays cette année, nous avions voulu dans un premier temps remettre cette édition au lendemain de l’élection présidentielle. Mais les parents d’élèves nous ont motivé à maintenir la date habituelle. Cela montre à suffisance que ces cours apportent beaucoup d’avantages vis-à-vis de leurs enfants. A la fin de chaque édition, nous recevons des témoignages de parents qui vont dans ce sens.

Un appel à lancer aux autorités pour un meilleur accompagnement ?

Qu’elles nous aident non seulement à pérenniser l’activité mais à la refaire aussi dans d’autres quartiers. Les enfants en ont vraiment besoin. Nous avons commencé en 2014. Actuellement en commune IV, il ya Lafiabougou qui le fait également. D’autres quartiers nous emboitent aussi le pas. Mais il faut absolument que l’autorité appuie les activités de ce genre dans les communes. C’est vrai qu’elles n’ont pas toutes les mêmes réalités et chez nous,  en commune IV , nous reconnaissons que nous sommes accompagnés. Mais nous demandons un redoublement d’efforts de la part des autorités pour mieux soulager les enseignants qui se sacrifient pour la bonne cause.

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