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Fortes pluies : Le changement climatique en cause ?

99 millimètres de pluie à Goundam, plus de 50 mm à Diré, de nombreuses précipitations à Kirina. De fortes pluies ont fait des dégâts dans certaines localités du Mali. Ces précipitations inhabituelles pourraient être dues au changement climatique.

Y a-t-il une corrélation entre les fortes pluies et le changement climatique ? Les plus « trumpistes » vous diront sûrement que non. Difficile toutefois de mettre sur le compte de la malchance ou du pur hasard les « bizarreries » climatiques que connait la planète depuis quelques années. Des chercheurs allemands du Postdam Institute for climate reasearch impact affirment que le dérèglement climatique cause une altération de la mousson africaine. Ils prédisent que le centre du Mali pourrait recevoir autant de pluie que le nord du Cameroun ou le centre du Nigéria, qui se caractérisent par un climat tropical. « L’ampleur du changement nécessite une attention urgente », prévient l’un des chercheurs. Beaucoup plus d’eau peut être stockée dans l’atmosphère lorsque les températures augmentent, et cette humidité supplémentaire peut être libérée lors de fortes précipitations à court terme.

Pour évaluer la tendance, les chercheurs de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur le climat (PIK) se sont appuyés sur une analyse statistique des données pluviométriques entre 1901 et 2010, provenant de milliers de stations météorologiques à travers le monde. Conclusion principale : entre 1980 et 2010, il y a eu 12% d’événements extrêmes en plus que dans un climat stationnaire (c’est à dire sans réchauffement climatique).

Mali-météo, dans ses prévisions de juin à septembre 2018, avait déjà alerté sur le risque d’inondations. Assurant qu’il est associé à la fois au débordement des cours d’eaux et aux pluies intenses, la structure en charge des questions météorologiques avait fait un certain nombre de recommandations. Elle affirme que les pluies de cette année ont déjà dépassé celles enregistrées en 2017, alors qu’il reste encore quatre mois avant la fin de 2018.

Difficile désormais pour les experts de prévoir avec certitude les conditions pluviométriques. « Le changement climatique crée un bouleversement de la température. Le chiffre d’eau attendu est parfois plus ou moins élevé que ce qui était prévu. On est parfois surpris » explique Jean Paul Tchapebong, 2ème Vice-président de Climats-Mali.

Tous responsables

« Nous sommes les premiers acteurs de la modification du climat. Il est vrai qu’il y a les phénomènes naturels, mais c’est d’abord nous les responsables », accuse Tchapebong. Il en appelle à une prise de conscience de la population afin de « contenir » le phénomène. « C’est lors de la survenue de catastrophes, avec les sinistres que cela engendre, que les gens se rendent compte que les choses ne tournent pas comme elles le devraient » conclut-il.

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