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Enseignement secondaire : Le Mali doit-il s’aligner sur la sous-région ?

Compte tenu des résultats des élèves du secondaire au Mali, certains professionnels estiment que le Mali doit s’adapter au système de certains pays de la sous-région, comme la Côte d’Ivoire et le Togo. Car leur modèle en tant que tel n’est pas mauvais, mais il faut une forte implication des autorités.

Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, les élèves accèdent au niveau secondaire avec le Brevet d’études du Premier Cycle (BEPC), qu’ils obtiennent au bout de dix ans de scolarité, contrairement au Mali (9 ans). Le système éducatif malien est en outre confronté au problème du non-respect du calendrier scolaire et à un manque d’infrastructures idoines. « Dans certains pays de la sous-région, au baccalauréat il y a l’oral et l’écrit. Avec ce système, au Mali nos candidats seraient à l’abri des fuites de sujets », affirme Issuf Amadou Dicko, professeur d’enseignement secondaire général. Ce système nous permettrait d’avoir des bons candidats à préparer en conséquence pour l’université, ajoute-t-il.

Mais des avis contraires existent. « Avec 12 années d’études, nos élèves qui partent à l’extérieur avec des bourses d’excellence parviennent à réussir au même titre que les autres étudiants de la sous-région », déclare le Professeur Salikou Sanogo, ancien ministre de l’Éducation.

S’aligner ou périr ? En 2009, selon une étude du ministère de l’Éducation, sur les 172 jours de cours réels d’une année scolaire d’octobre à juin au niveau du premier cycle, il s’est avéré que les élèves maliens n’en avaient suivi que 122. « La suppression du CEP joue également sur les résultats des élèves au niveau secondaire », estime Issuf Dicko.

Hamid Ag Bella, professeur d’enseignement secondaire général, estime qu’il faut s’aligner sur la sous-région, car nous parlons d’intégration et que le Mali est vraiment en retard. Pour le rattraper, plusieurs équations restent à résoudre, comme d’adapter le système éducatif au niveau secondaire à celui de la sous-région en améliorant les infrastructures scolaires, les conditions du personnel enseignant et les programmes. « Il faut que le Mali élabore des documents en harmonie avec les programmes de la sous-région et les mette à la disposition de tous les apprenants, avec des bibliothèques bien équipées », prône Hamid Ag Bella. Pour Issuf Dicko, l’enseignement étant une continuité, avec des rénovations et des évolutions chaque année, sans recyclage des enseignants, il n’y aura pas d’amélioration.

Le Pr Salikou Sanogo estime que pour parler de ralliement du système secondaire du Mali à celui de la sous-région, il faudrait mener une étude comparative entre notre système, qui évolue de manière originale depuis 1962, et ceux des pays voisins. Il s’agira de prendre en compte la pertinence des filières, la durée des études et les compétences acquises par les élèves au niveau du baccalauréat.

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