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Venezuela: des centaines de personnes pour enterrer l’opposant Fernando Alban, mort en prison

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Drapeaux vénézuéliens, pancartes et slogans réclamant « justice » : des centaines de personnes ont accompagné mercredi la dépouille de l’opposant Fernando Alban, mort alors qu’il était en prison, un suicide selon les autorités, un assassinat pour l’opposition.

Ce conseiller municipal de Caracas âgé de 52 ans devait être enterré dans un cimetière de l’est de la capitale, tandis que de l’ONU à l’Union européenne en passant par l’Organisation des États américains, les demandes d’enquête indépendante se multiplient après ce décès, jugé « suspect » par la communauté internationale.

La procession devait parcourir plusieurs kilomètres, depuis l’université centrale du Venezuela, où a été aménagée une chapelle ardente pour une veillée funèbre.

« La dictature de Maduro, c’est la +mort+ », pouvait-on lire sur une pancarte tenue par un jeune homme. « Justice ! », réclamait une autre.

Fernando Alban était emprisonné depuis vendredi dans l’affaire de l’attaque présumée aux drones explosifs contre le président Nicolas Maduro. Lundi, il « a demandé à aller aux toilettes et une fois là-bas, il s’est jeté dans le vide depuis le dixième étage », a affirmé le procureur général Tarek William Saab, qui a annoncé une « enquête complète ».

Mercredi, Tarek William Saab, un proche du camp au pouvoir, a de nouveau écarté la thèse de l’assassinat.

« Il est mort à cause d’un coup lié à une chute (…), il n’y avait pas de preuves de maltraitances antérieures à cette chute », a déclaré à la presse le procureur général, lisant des passages du rapport d’autopsie.

Les Etats-Unis ont condamné mercredi l' »implication » du gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro dans la mort de Fernando Alban.

« Les Etats-Unis condamnent l’implication du régime de Maduro dans la mort du conseiller municipal appartenant à l’opposition vénézuélienne Fernando Alban », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Ce conseiller municipal d’un arrondissement de Caracas avait été arrêté vendredi. Il était accusé d’avoir participé à une attaque présumée aux drones explosifs, le 4 août, alors que le chef de l’Etat socialiste prononçait un discours lors d’un défilé militaire.

L’opposition, qui dénonce une mise en scène, conteste cette version de ce que les autorités appellent un « attentat ». Une trentaine de personnes, dont des militaires en activité, ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

L’ONG Foro Penal décompte quelque 236 « prisonniers politiques » au Venezuela.

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