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Housseini Amion Guindo : « Ce n’est pas un combat contre le Président IBK »

Ces dernières semaines, le président de la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), Housseini Amion Guindo, est monté au créneau. L’ancien ministre s’engage dans un combat nouveau contre la prorogation des mandats des députés. Le dimanche 21 octobre, avec d’autres personnalités de la scène politique, il a créé la Convergence des forces patriotiques pour sauver le Mali (COFOP).  « Poulo » revient sur ces prises de position et les raisons de cette nouvelle lutte.

Au second tour vous avez soutenu le président IBK. Vous venez de crée une coalition politique, alors que certains disent que vous êtes membres du Front pour la sauvegarde de la démocratie. Quelle est  réellement votre position ?

Je rappelle que j’ai été membre du gouvernement d’IBK pendant quatre ans suite au soutien que nous lui avons apporté au second tour en 2013. Quand il s’est agi d’aller  à une nouvelle élection présidentielle pour un nouveau mandat en 2018, notre parti a estimé qu’il fallait  conformément à nos statuts présenter une candidature. C’est  qui m’a amené à démissionner de mon propre chef. Au second tour de l’élection,  pour une question de cohérence et de constance notre parti  a soutenu IBK. Ensuite il a été question des  élections législatives. Et pour nous, autant la présidentielle obéit à des délais, les législatives aussi. Le collège électoral a été convoqué. Mais jusqu’au dépôt des liste on ne  nous a pas parlé de report. Le gouvernement peut reporter mais  la prorogation des mandats des députés  ne doit pas venir de lui. Parce que l’Assemblée nationale est censée contrôler le gouvernement.  Si c’est le gouvernement qui  donne mandat aux députés on renverse du coup la République. Pour nous, il fallait un débat inclusif pour faire face à la situation.  Mais il aurait fallu que le gouvernement reconnaisse son incapacité à tenir l’élection et invite la classe politique pour savoir ce qu’il faut faire. Il y a des réformes aujourd’hui  indispensables pour le pays. Et ces réformes ne  doivent pas se faire dans le mépris et l’arrogance.  Nous nous opposons à la dictature d’une personne ou d’un clan contre notre loi fondamentale et au mépris du peuple.

D’où est venue l’idée de cette convergence ?                                                                       

Je suis l’initiateur de cette convergence des forces patriotiques pour sauver le Mali.  C’est moi qui suis parti voir tous les autres membres.  Il est réel que souvent nous sommes différents dans les points de vue mais nous nous sommes voulus complémentaires contre cette dérive et d’autres dérives du pouvoir.

Etes-vous membres du FSD ?

Je n’ai jamais été membre du Front pour la sauvegarde de la démocratie(FSD). Nos combats sont différents, car eux ont du mal à reconnaitre IBK comme Président de la République alors que nous,  nous le reconnaissons. Nous sommes contre cette coalition Cour Constitutionnelle-Gouvernement-Assemblée qui viole notre Constitution. Notre action est une alerte. Si le président qui est la première institution pense que c’est comme cela qu’il faut faire alors notre action se dirigera contre lui.

Pour certains c’est par ce que vous vous  n’êtes pas vu récompenser par IBK ?

En 2013, nous avons été cinquièmes à l’élection présidentielle. Mais le CODEM ne figurait pas dans le gouvernement Tatam LY. Pourtant, nous nous ne sommes pas opposés à lui. Mieux, la majorité m’a combattu en tant que député élu à Sikasso et à la limite volé mes voix. Bien avant qu’IBK ne soit au pouvoir j’ai eu à proposer des ministres dans les gouvernements. Mon ambition n’est pas d’être ministre. Je suis dans le privé et j’ai mes établissements. J’ai toujours vécu en comptant sur moi-même, toute ma vie. J’ai fait trois ans au ministère des Sports  sans que mes établissements reçoivent un seul élève de l’Etat. Personne ne m’a entendu m’en plaindre. Personne ne peut dire que je suis dans les histoires de marché ou de détournements. Je me suis toujours battu pour l’intérêt général.

Ne craignez-vous pas que ces revirements impactent l’image de votre parti ?

Il n’y a pas  de revirement. Notre parti n’est pas un parti d’opposition à IBK. Nous nous opposons à un fait que nous estimons contraire à notre constitution. Quand j’étais membre du gouvernement pendant le  projet de  révision constitutionnelle mon parti était opposé au OUI. Ce n’était pourtant pas une carrière d’opposant.  La position du CODEM a été de demander au président d’écouter son peuple. Je suis  parti le voir et lui dire d’écouter son peuple et de se raviser par rapport à  ce projet. Nous sommes cohérent dans ce nous faisons.

Que comptez-vous entreprendre après ?

Pour le moment c’est une alerte.  J’avais déjà annoncé qu’on combattra cette façon de faire de toutes nos forces et sans répit. Ils ont parlé de report sans arrêter le processus. Nous allons créer un regroupement plus large. Nous serons avec tout ce qui se sentent mal ou qui ont peur de l’avenir pour agir ensemble. Nous userons de tous les moyens légaux pour que nous soyons entendus.  Nous nous associerons avec tous ceux qui sentent leur avenir menacé. Mais nous ne nous engagerons pas dans un combat qui mettra en cause l’élection du président de la république ou sa légitimité. C’est la ligne rouge pour nous à ne pas franchir.  Ce n’est pas un combat contre le président IBK mais un combat contre les dérives.

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