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Saccharose buccal agréable : « Slam Shady »

Saccharose buccal agréable, un sobriquet qui a de quoi vous faire sourire. Et pourtant… C’est le nom de scène de Sory Diakité, un jeune slameur malien de 24 ans, qui détonne par ses textes et la puissance par laquelle il les porte. Passionné de lecture et de belle prose, Saccharose, dans un style décapant, caustique, dénonce les tares de la société et entend frapper les consciences afin de les éveiller.  

Il est auteur compositeur et le slam s’est imposé à Saccharose comme une évidence.  Une évidence au travers de laquelle il peut s’exprimer et lancer des piques bien senties. De l’absentéisme dans les bureaux aux mariages qui s’étirent en longueur, Saccharose n’élude rien. « Le slam est une tribune de libre expression où tu t’engages par rapport à un thème qui a marqué ton existence ou qui a marqué l’histoire », déclare-t-il. Détenteur d’une maitrise en droit international public et d’un Certificat d’aptitude professionnelle de l’Institut de formation des maîtres de Bamako, il décide pourtant d’embrasser une carrière de slameur, porté par sa passion pour cet art.

« Le slam est un moyen de défendre les droits humains tout en évoquant les maux de la société et de dénoncer les injustices sociales », affirme-t-il avec passion. Enseignant,  journaliste reporteur d’image, tapissier ou encore menuisier, Diakité s’inspire des expériences que lui ont offertes ses nombreuses casquettes pour « parler et faire parler ».  C’est ce qui fait de lui, à l’en croire, un slameur de référence au Mali. « L’inspiration, elle est partout. Elle est sous nos yeux, dans tout  ce qui existe et tout ce qui, dans notre environnement, peut attirer notre attention d’une manière ou d’une autre », prêche-t-il.

Valeur sûre du slam malien et membre d’une association de jeunes slameurs dénommée Jeuness’Art » et créée en 2014, Diakité écume les scènes de la sous-région  et émerveille par son « franmara », un mélange de français et de bambara. Avec son association, il organise depuis plus de trois ans des ateliers au cours desquels plus de 360 élèves ont déjà été formés au slam.

« En tant que slameur, je suis régulièrement  invité à des activités qui regroupent souvent plusieurs pays. Je me dois d’essayer de partager une partie de mon savoir et de mon vécu », fait-il remarquer.

En parallèle, il anime un concours de slam, « Femme sans flamme », au profit d’ONU femme. Le 7 décembre prochain, ce jeune slameur prendra part à une activité à Abidjan autour des réalités socioéconomiques des différents pays de la sous-région ouest africaine.

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