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Élections : Vers une entité unique de gestion?

Pour l’organisation des élections au Mali, trois structures sont impliquées. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Délégation générale aux élections (DGE) et le Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation. De plus en plus de voix s’élèvent pour la création d’une entité unique de gestion des futures échéances électorales.

Prenant en compte les insuffisances constatées de par le passé et pour garantir des élections plus crédibles, dont les résultats ne souffriront pas de contestations majeures, la réflexion mûrit tant dans la classe politique qu’au niveau de la société civile.

L’Union européenne a, dans le rapport final de la Mission d’observation électorale de la dernière élection présidentielle, proposé de « créer une division électorale permanente au sein du Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation, en vue de l’organisation efficace des élections ». Pour la Mission, elle devrait se coordonner et travailler en synergie avec la DGE et la CENI.

L’administration sortie ?

Pour certains partis politiques, il faut aller au-delà de la proposition européenne. « Il faut que cela soit une structure, en dehors du ministère de l’Administration territoriale, qui implique l’État, les partis politiques et la société civile », prône Moussa Mara, Président de Yéléma. Selon lui, une entité unique, non administrative créera plus de confiance au sein des parties prenantes, le ministère étant toujours soupçonné de rouler pour le pouvoir. « Nous avons un modèle parfait, celui du Ghana, où vous avez une seule entité, avec ses propres démembrements, qui est placée sous l’égide de la société civile », ajoute-t-il. L’ancien Premier ministre pense qu’il faut faire en sorte que la DGE et la CENI soient fusionnées en une structure qui aura une compétence sur l’ensemble du processus démocratique. « C’était déjà dans les réformes que le Président ATT avait engagé avec la Commission Daba Diawara en 2011 », précise t-il.

Même approche chez les Fare An ka wuli, où l’éventuelle création d’une telle entité est bien accueillie. « Il faut que sa création s’inscrive dans un contexte global favorable à des élections transparentes, justes et crédibles. Cela nécessite des réformes profondes de la plupart de nos institutions, voire de l’État lui-même, tel que nous l’avons hérité de la colonisation », déclare Bréhima Sidibé, un cadre de ce parti.

Pour l’heure, au niveau du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, on assure que le gouvernement se penchera bientôt sur la question en adoptant des réformes s’il y a lieu.

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