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L’arrestation d’une dirigeante de Huawei secoue les marchés boursiers mondiaux

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De Hong Kong à New York, les Bourses mondiales, déjà en petite forme, se sont alarmées jeudi de l’arrestation d’une responsable du groupe chinois Huawei à la demande de Washington, une décision judiciaire pouvant remettre en cause la récente trêve commerciale sino-américaine.

L’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, lâchait 1,93% vers 18H20 GMT. Le Nasdaq abandonnait de son côté 0,81% et le S&P 500 1,69%.

Les places européennes ont toutes clôturé dans le rouge. A Paris, le CAC a chuté de 3,32%, la Bourse de Francfort de 3,48% et la Bourse de Londres de 3,15%. Parmi les autres places financières, la Bourse de Milan a lâché 3,54% et celle de Madrid 2,75%.

Avant les indices européens, les Bourses asiatiques avaient également flanché après l’annonce de cette arrestation. A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé de 1,91%.

Les places chinoises ont enregistré des baisses particulièrement marquées: à Hong Kong, l’indice composite Hang Seng a chuté de 2,47%, celui de la Bourse de Shanghai a perdu 1,68% et celui de Shenzhen 2,17%.

Ce fort repli « est lié principalement à l’arrestation de la directrice financière du groupe chinois Huawei, qui compromet les espoirs d’apaisement de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis », a expliqué auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, directeur général délégué à Diamant bleu Gestion.

Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er décembre à Vancouver, au Canada. Les Etats-Unis réclament son extradition et une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu vendredi, selon le ministère de la Justice canadien.

– Mesures de représailles? –

Selon des informations de presse, Washington soupçonnerait Mme Meng de violation des sanctions américaines contre l’Iran. Or cette arrestation intervient quelques jours seulement après l’annonce d’une trêve dans la guerre commerciale sino-américaine, qui pèse déjà sur la croissance mondiale.

Acté à l’issue d’une rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, ce cessez-le-feu d’une durée de 90 jours doit permettre aux deux premières puissances mondiales de renégocier leurs relations commerciales.

La Chine a promis jeudi qu’elle allait appliquer « immédiatement » des mesures convenues avec les États-Unis lors de la rencontre entre les deux présidents, sans pour autant parvenir à rassurer les acteurs de marché.

« Tous les secteurs sont dans le rouge et aucun compartiment n’arrive à sortir la tête de l’eau », a observé Andrea Tuéni. A Paris, le secteur technologique a fini en queue de peloton. STMicroelectronics a reculé de 5,98% à 12,11 euros et Soitec de 5,88% à 48,94 euros.

Les valeurs automobiles ont particulièrement souffert à Francfort, BMW cédant 2,82% à 72,07 euros et Volkswagen 3,12% à 143,00 euros tandis qu’à la Bourse de Londres, le secteur minier a été fortement pénalisé, Anglo American chutant de 4,22% à 1.556,40 pence et Antofagasta de 7,07% à 760,00 pence.

– Craintes sur la croissance économique –

L’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, qui semble compromettre la trêve dans la guerre commerciale sino-américaine annoncée ce week-end, ne permet pas à elle seule d’expliquer une telle débâcle des marchés actions, a estimé auprès de l’AFP Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

« C’est un ensemble d’événements (qui jouent). Il y a bien sûr ce dossier commercial sur lequel il n’y a pas beaucoup d’optimisme des investisseurs, mais il y a également des craintes sur la croissance et la situation économique », a expliqué M. Tuéni.

Enfin, sur le front des changes, l’euro montait un peu face au dollar: vers 18H00 GMT, la monnaie unique valait 1,1387 dollar, contre 1,1344 dollar mercredi à 22H00 GMT.

De leur côté, les cours du pétrole chutaient dans un marché miné par ses propres préoccupations. Les investisseurs s’interrogeaient notamment quant à l’ampleur éventuelle des baisses de production qui seraient consenties par l’Opep.

Vers 18H20 GMT, le baril de Brent perdait 1,94 dollar à 59,62 dollars à Londres et, à New York, le baril de WTI lâchait 1,80 dollar à 51,09 dollars.

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