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Show-biz : Le Mali peine à attirer les superstars

Beyonce, Justin Bieber, Jay-z ou encore Rihanna. Nombreux sont les fans maliens de ces superstars planétaires qui aimeraient  les voir se produire un jour sur une scène. Si l’envie ne manque pas, il faut reconnaitre que les moyens des promoteurs culturels du pays pour réaliser ces « gros coups » sont encore  limités.

Le show-biz malien, à en croire ses acteurs, est gangrené de maux récurrents qui handicapent sa totale éclosion. Il est vrai qu’il y a déjà eu de grands concerts. Des artistes de renom se sont produits dans le pays. Davido, Wizkid, Dadju, Tekno, MHD, Maitre Gims, pour ne citer que ceux-là, ont déjà réussi des shows de grande envergure à Bamako. Mais, à y regarder de près, un palier reste toujours à franchir. Celui des stars américaines et d’autres grands noms du vieux continent. Où se situent les blocages ?

Faible sponsoring

« C’est tout simplement dû au manque de sponsoring. Si vous demandez aujourd’hui  aux sponsors de vous accompagner, le plus gros vous donnera 10 ou 15 millions et c’est difficile de s’en sortir dans ces conditions. On ne peut pas s’endetter à coups de millions », répond Abou Guiteye, directeur général de Africa Scène. « À Abidjan, un sponsor officiel couvre un évènement au moins à 90%. Au Mali, il est difficile d’avoir même 1% du budget d’un évènement pris en charge par un sponsor », ajoute-t-il.

Selon lui, cette réticence est aussi une question de mentalité, parce que les  personnes qui occupent les postes de responsables de la communication ne voient pas l’utilité d’injecter de l’argent dans des spectacles, pensant que culturellement c’est « un milieu à éviter ».

Il semble en effet difficile dans ces conditions de faire venir de très grandes stars américaines, dont les exigences ne sont pas aisées à combler. Déjà, la plupart ont des cachets qui ne sont pas en dessous de 200 ou 300 millions. Mais d’autres paramètres doivent aussi être pris en compte. « Il n’y a pas que les cachets. Elles ont d’autres demandes spécifiques, relatives aux véhicules, à l’hôtel et à la restauration. Il n’y a pas beaucoup d’opérateurs culturels qui peuvent investir dans cela sans accompagnement conséquent », confie Idrissa Soumeylou Maiga, directeur général de COMAF (Communication Afrique).

Le constat est amer. Les difficultés sont de taille et elles entravent la venue au Mali de très grands artistes. « Aujourd’hui, aucun promoteur culturel malien n’oserait miser 60 millions sur un artiste, à lui tout seul. Quand cela arrive, c’est souvent parce que d’autres personnes (en l’occurrence de grands commerçants) se servent de certaines relations pour rassembler la somme », confie Ismaël Ballo dit Ballody, directeur général de Prestige Consulting. Mais, dans ces conditions, se désole-t-il, « les vrais organisateurs ne sont pas aux affaires ».

Changer la donne

Pour faire bouger les lignes, il faut, à en croire les acteurs, que les sponsors comprennent qu’il est nécessaire de communiquer et d’injecter de l’argent dans la communication à travers de grands évènements. « Les millions qui sont injectés dans la télé, s’ils l’étaient dans des spectacles, susciteraient plus d’attention pour les marques et permettraient de générer du chiffre d’affaires pour ces activités. En retour, nous pourrions faire venir de grosses pointures et les gens recommenceraient à prendre goût au grand spectacle », souligne M. Guiteye. L’une des solutions serait aussi de « créer des partenariats stratégiques et de pousser davantage du côté des entreprises minières ou d’autres sociétés qui ne sont pas forcément dans les actions de jeunesse ou qui n’investissent pas encore dans la culture », ajoute pour sa part Idrissa Soumeylou Maiga.

Assurément, dans le milieu, les acteurs ne baissent pas les bras. Ils œuvrent afin que la situation évolue. Ballody pense qu’au-delà d’un soutien de l’État, qu’il appelle d’ailleurs de tous ces vœux, il faudrait aussi et surtout que les promoteurs culturels s’organisent et s’entendent. « Ce n’est qu’ensemble qu’on peut le faire. Individuellement, c’est difficile d’y parvenir », conclut-il.

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