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Toutes les mêmes: Séoul ne pourra pas promouvoir la diversité parmi les stars de la K-pop

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Le gouvernement sud-coréen a dû rétropédaler et annulé des directives visant à promouvoir la diversité dans le monde de la K-pop, après avoir été accusé de censure.

Ces directives publiées la semaine dernière par le ministère de l’Egalité des genres critiquaient l’allure trop similaire des stars de la pop coréenne, dénonçant un « grave problème d’uniformité parmi les chanteurs » masculins comme féminins.

Ce guide adressé aux producteurs de télévision leur demandait de cesser de privilégier la minceur, et pour les femmes de leur imposer d’être légèrement vêtues.

Le monde de la K-pop est une industrie qui génère des milliards de dollars de profits. Mais l’industrie de la chirurgie esthétique est également très rentable, des dizaines de milliers de personnes, pour l’essentiel des femmes, passant sur le billard chaque année à la recherche du look idéal.

Les directives ont cependant été critiquées sur les réseaux sociaux, un député déclarant aussi qu’elle lui rappelait la censure mise en oeuvre dans les années 1960 à 80 par des gouvernements autoritaires.

Réclamant les excuses du ministère, le député Ha Tae-keung les a qualifiées de « totalitaires et d’anticonstitutionnelles ».

Jusqu’à la fin des années 1980, la censure était présente dans tous les recoins de la société sud-coréenne, l’Etat contrôlant tout, de ce qui pouvait être montré à la télévision jusqu’à la longueur des cheveux des hommes.

« Il est surprenant que la Corée du Sud fasse ce qu’envisageraient de faire des dictatures communistes comme la Chine et la Corée du Nord », a déclaré un internaute.

Face à ces récriminations, le ministère a annoncé mardi le retrait de ses recommandations qui ont semé « une confusion superflue ».

Soulignant qu’il n’avait aucun pouvoir sur les producteurs, il a expliqué avoir simplement voulu « empêcher les médias, qui ont une grande influence sur la vie des gens, de porter atteinte aux droits humains et de promouvoir à leur insu la discrimination ».

En 2017, les quatre membres de la girls band SixBomb avaient subi des opérations chirurgicales en cascade pour avoir les yeux plus grands, des visages plus fins et des seins plus gros, en vue de la sortie d’un single.

Une étude réalisée l’année dernière auprès d’adolescents avait montré que près de 70% d’entre eux avaient songé à un moment ou un autre devenir une star de l’industrie du spectacle.

Le ministère de l’Egalité s’était inquiété de l’impact des stars de la K-pop sur les très jeunes. « L’attention apportée à l’apparence à la télévision a des répercussions négatives non seulement sur les adultes mais aussi sur les adolescents et les enfants ».

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