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Associations musulmanes: Quel contrôle par l’État?

Avec une population majoritairement de cette confession religieuse, le Mali compte de nombreuses associations et organisations musulmanes. Pour autant, la laïcité du pays, reconnue et garantie par la Constitution ne souffre d’aucune remise en cause, toutes les religions jouissant pleinement de la liberté de culte. Mais, au-delà du respect cette liberté, l’État exerce t-il un contrôle spécifique sur les différentes associations musulmanes ?

Comme pour la création de toute autre association, une association cultuelle doit remplir les formalités d’usage. Ce qui se traduit par des démarches administratives au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, pour obtenir un récépissé. Passée cette étape, le contrôle de l’État, notamment sur les différentes activités menées par le regroupement, devrait se poursuivre, même si on observe dans ce domaine, selon certains, un laisser-aller.

« L’État a un œil sur nos activités, parce que quand nous outrepassons certaines mesures nous sommes rappelés à l’ordre, même si nous ne sommes pas tout le temps d’accord », affirme Mohamed Kimbiri, Président du Collectif des associations musulmanes du Mali. L’exemple le plus récent est le rappel à l’ordre lors de l’élection présidentielle de 2018. « Nous avions commencé à mener campagne dans des mosquées pour certains candidats, y compris pour le président sortant. Mais l’État nous a stoppé, rappelant que cela ne faisait pas partie de notre rôle, d’après la loi », reconnait-il.

Qui finance ?

Si le gouvernement garde un œil sur les activités des différentes associations musulmanes sur toute l’étendue du territoire, il n’en est pas moins un partenaire privilégié en termes d’appui financier quand il s’agit de « prêcher la paix et l’entente dans le pays ».

« Lors des évènements tels que le Maouloud ou les prêches, les associations musulmanes sollicitent notre département. Le Président de la République lui-même envoie aussi souvent des enveloppes pour appuyer les actions des associations confessionnelles », explique Cheick Oumar Touré, conseiller technique au ministère des Affaires religieuses et du culte, en précisant qu’il n’existe pas de budget de financement clairement établi pour les associations cultuelles.

D’ailleurs, pour leurs activités, les associations musulmanes reposent avant tout sur les contributions de leurs membres. « Le Mali est un  grand pays. Quand c’est pour la cause de l’Islam, les Musulmans financent », assure M. Kimbiri.

Mais un inconvénient de taille existe. Selon Cheick Oumar Touré, le nombre exact d’associations musulmanes n’est pas connu à ce jour, encore moins celui des mosquées implantées à travers le pays. C’est pourquoi, conclut-il, pour rectifier le tir, « nous avons en cours un projet de répertoire de tous les lieux de culte et de toutes les associations cultuelles du Mali ».

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