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Marchés financiers : Le Mali a-t-il la cote ?

Conférence de lancement du calendrier d’émission de titres publics par la Direction nationale du Trésor le mardi 19 janvier 2019

Pour lever des fonds en fonction des besoins de l’État, le Trésor utilise différents types d’instruments. C’est depuis 2003 que le Mali a recours à ce mode de financement. Car avec un niveau d’endettement de 36% de son PIB, le pays reste « solvable » selon les acteurs.

De sa première émission de titres publics en 2003 à nos jours, « le Mali n’a enregistré aucun incident de paiement. Autrement dit, toutes les dettes contractées ont été remboursées à bonne date », se réjouit M. Boubacar Ouologuem, chef de section Suivi du marché financier à la Direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique (DNTCP).

Les différents titres publics sollicités pour faire face « à des besoins ponctuels de trésorerie » ou pour des investissements à long terme sont fonction des montants levés et de la durée des emprunts. Ainsi, ce sont généralement des bons qui sont émis quand la « durée ne dépasse pas 2 ans, pour faire face à des besoins urgents », explique M. Mamadou Lamine Sidibé, responsable des études et de la clientèle à la Société de gestion et d’intermédiation du Mali (SGI Mali).

Quant aux obligations, il en existe de 2 types : les Obligations assimilables du Trésor (OAT), qui ont une durée de 3 à 5 ans, et les Appels publics à l’épargne (APE), qui sont utilisés pour des besoins à plus long terme, comme des infrastructures, par exemple.

De 20 à 30 milliards de francs CFA pour les bons, les montants sollicités s’élèvent à 50 milliards pour les OAT et atteignent jusqu’à 100 milliards pour les APE. Dans le contexte malien, les banques sont les principaux souscripteurs, même si « tout le monde » peut soumissionner pour les APE, dont les obligations sont vendues 10 000 francs, sans « pouvoir de discussion pour les soumissionnaires ». Pour les OAT, proposées aussi pour une valeur nominale de 10 000 francs, les investisseurs peuvent proposer leurs prix et l’État décide alors en fonction du montant engagé par chaque investisseur.

Pour les bons, ce sont plutôt des taux que les investisseurs proposent. L’État choisit en fonction des plus bas, pouvant même décider de renoncer lorsque les propositions sont trop élevées.

Si le Mali n’a fait recours aux APE que dernièrement, les titres émis par le pays « restent prisés et le Mali est fiable » sur les marchés financiers, assure le responsable de la SGI.

En 2018, « pour un montant demandé de 547 milliards de francs CFA, les investisseurs ont proposés 686 milliards, soit un taux de couverture de 125% », conclut M. Ouologuem.

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