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Forum international sur le coton : Transformation impérative

La deuxième édition du Forum international sur le coton se tiendra du 7 au 9 mars 2019 à Bamako. Cette rencontre « scientifique et professionnelle » veut contribuer à une prise en compte efficiente des problèmes du secteur coton et surtout à une meilleure valorisation de l’or blanc.

« Atteindre 800 000 tonnes de coton et 15% de transformation à l’horizon 2020 », c’est le thème et l’ambitieux objectif que visent les organisateurs du Forum international sur le coton. Premier producteur africain, avec 725 000 tonnes de coton graines la campagne passée, le Mali est un « grand leader dans le domaine, mais malheureusement il ne transforme que 2% de sa production », explique M. Abdel Rahmane Sy, initiateur du forum et président de l’Association des jeunes pour la valorisation du coton (AJVC).

Si les initiatives existent pour rehausser ce niveau de production et atteindre les objectifs de transformation pour une meilleure plus value, elles manquent de coordination. Il faut donc que tous les acteurs et décideurs publics, le secteur privé et les experts du domaine discutent des problématiques et proposent des solutions pertinentes et capables d’impulser le changement. C’est justement cette synergie que le forum veut créer autour du coton.

En effet, 15% de transformation, c’est pourtant un objectif réalisable, et même un engagement du Mali, qui a signé des conventions en ce sens au plan sous-régional. Cette transformation, qui concerne essentiellement le coton graine, est l’œuvre d’environ 92 unités de production, dont 80 regroupées au sein de la Fédération nationale des producteurs d’huile et d’aliment bétail (FENAPHAB).

Pour fabriquer leurs produits, ces unités locales acquièrent la production de la Compagnie malienne de développement textile (CMDT), pour un montant annuel de 37 milliards, selon M. Boubacar Sidiki Diabaté, secrétaire général de la FENAPHAB. Cependant cela est insuffisant pour couvrir leurs besoins et elles importent aussi de la sous-région. Outre les coûts de transport et de l’énergie, cela contribue à augmenter le prix de revient de l’aliment bétail. Mais le parent pauvre de la transformation est la fibre,  où il y a peu d’unités.

L’une des pistes est donc une véritable « volonté politique de promouvoir le textile », insiste M. Sy. Si ce secteur peut être porté par l’artisanat, « l’absence de données claires » à ce niveau constitue un obstacle. Il faut donc un changement de stratégie pour que le soutien à la production soit au niveau de celui à la transformation, espèrent les professionnels.

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