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Venezuela : arrivée du 1er chargement d’aide humanitaire de la Croix-Rouge

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Un premier chargement de la Croix-Rouge est arrivé mardi à Caracas pour être distribué aux hôpitaux en proie à de graves pénuries, une aide humanitaire au centre du bras de fer entre le président Nicolas Maduro et son opposant Juan Guaido.

« C’est avec joie et en toute responsabilité que nous vous annonçons qu’en ce moment le premier chargement d’aide humanitaire de la Croix-Rouge est en train d’arriver au Venezuela », a déclaré Mario Villarroel, président de la Croix-Rouge vénézuélienne, dans une vidéo enregistrée à l’aéroport Simon-Bolivar de Caracas.

Les caisses et cartons remplis de « matériel médical, de groupes électrogènes et de médicaments » et frappés du sigle du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge étaient déchargés d’un avion, puis placés dans des camions. Ils seront « distribués dans différents hôpitaux du pays », a ajouté M. Villarroel.

Les établissements médicaux du Venezuela, en proie à la pire crise de son histoire récente, ont toutes les peines du monde à soigner leurs patients: les antibiotiques manquent, de même que les compresses, les appareils respiratoires ou les traitements destinés aux malades chroniques.

Les pannes de courant à répétition plongent les hôpitaux dans le noir et empêchent toute utilisation des appareils de dialyse et des scanners.

Selon les Nations unies, un quart des 30 millions de Vénézuéliens ont besoin d’une aide urgente. D’après un rapport de l’organisation, quelque 3,7 millions d’entre eux souffrent de malnutrition, et au moins 22% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Fin mars, la Fédération internationale de la Croix-Rouge avait dit pouvoir être « prête » dès la mi-avril à distribuer de l’aide « à 650.000 personnes dans un premier temps ».

– « Politisation »-

La Croix-Rouge vénézuélienne veut éviter « la politisation de la réussite » de l’opération humanitaire de mardi, selon les mots de son patron Mario Villarroel.

Mais cela parait très difficile, tant l’aide humanitaire est au centre de la bataille politique qui se joue entre le chef de l’Etat Nicolas Maduro et l’opposant Juan Guaido, depuis que ce dernier s’est autoproclamé président par intérim le 23 janvier. Il a depuis été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis.

Nicolas Maduro, héritier politique d’Hugo Chavez (1999-2013), nie que la situation actuelle puisse être assimilée à une crise humanitaire. Son gouvernement rend les sanctions de Washington – son ennemi le plus acharné – responsables de ses problèmes d’approvisionnement.

M. Maduro, qui a rencontré la semaine dernière à Caracas le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer, a accepté de « travailler avec les agences de l’ONU pour apporter toute l’aide humanitaire qu’il est possible d’apporter ».

Et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a estimé que l’arrivée de l’aide de la Croix-Rouge mardi était « le fruit du travail humanitaire ordonné et planifié » par le gouvernement de M. Maduro.

De son côté, le camp de Juan Guaido estime que l’incurie et la corruption du gouvernement Maduro sont responsables de la situation actuelle.

Le 23 février, les partisans de Juan Guaido ont tenté de faire entrer plusieurs tonnes d’aide humanitaire stockées aux portes du Venezuela : en Colombie, au Brésil et sur l’île néerlandaise de Curaçao.

Les camions chargés de produits de première nécessité, envoyés essentiellement des Etats-Unis, ont dû rebrousser chemin face au blocage frontalier ordonné par le gouvernement. Sept personnes ont été tuées et plusieurs centaines d’autres blessées dans des heurts.

Le président Maduro avait alors dénoncé l’opération comme un prétexte en vue d’une intervention militaire.

Hasler Iglesias, un collaborateur de Juan Guaido, a assuré mardi à l’AFP que « tout sera distribué par la Croix-Rouge. Ni nous, ni eux (le gouvernement, ndlr) ne seront impliqués ».

« L’arrivée de l’aide est le résultat de la courageuse campagne de pression de Juan Guaido et de l’Assemblée nationale », seule institution contrôlée par l’opposition au Venezuela, a réagi sur Twitter le sénateur républicain américain Marco Rubio, féroce critique de Nicolas Maduro.

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