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Attentats au Sri Lanka: ce que l’on sait

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Plus de 320 personnes ont été tuées dimanche au Sri Lanka dans une série d’attentats suicides, attribués par les autorités à un groupe radical islamiste local et revendiquées par le groupe Etat islamique (EI), contre des hôtels de luxe et des églises célébrant la messe de Pâques.

Voici ce que l’on sait à ce stade:

– Que s’est-il passé ? –

De puissantes explosions se sont produites en début de matinée dimanche, vers 08H30-09H00 locales (03H00-03H30 GMT), dans trois hôtels de luxe du front de mer de la capitale Colombo. Les établissements affectés – le Shangri-La, le Kingsbury et le Cinnamon Grand Hotel – sont situés à quelques centaines de mètres les uns des autres.

En parallèle, des déflagrations ont frappé trois églises catholiques bondées où les fidèles étaient rassemblés pour la messe de Pâques, faisant un carnage.

Ont été visées la célèbre église Saint-Antoine à Colombo, l’église Saint-Sébastien à Negombo, localité située à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale, et une autre église de la ville de Batticaloa, de l’autre côté du Sri Lanka, sur la côte orientale.

Les attentats au Shangri-La et au Cinnamon ont été perpétrés par deux frères, qui y avaient chacun pris une chambre samedi et se sont fait exploser dans leur hôtel respectif le lendemain matin au buffet du petit déjeuner, à peu près au même moment.

Un attentat suicide a échoué contre un quatrième hôtel de luxe à Colombo, adjacent aux autres. Le sac à dos du kamikaze, chargé d’explosifs, n’a pas explosé pour une raison indéterminée. L’homme a été cerné par les forces de l’ordre en début d’après-midi à Dehiwala, dans la banlieue sud de Colombo, et s’est fait exploser, tuant deux passants.

À peu près au même moment, dans le nord de la ville, à Orugodawatta, la femme de l’un des frères kamikazes a actionné des explosifs lorsque les forces de l’ordre sont arrivées à leur résidence familiale, tuant avec elle-même ses deux enfants et trois policiers.

On compte au total huit explosions.

– Qui sont les victimes ? –

Le dernier bilan officiel fait état de 321 morts et 500 blessés.

Au moins 45 enfants et adolescents, dont un bébé de 18 mois, comptent parmi les morts, selon l’ONU.

Selon la police, 39 étrangers font partie des victimes, dans ce pays très prisé des touristes. Parmi les nationalités étrangères touchées, l’Inde paie le tribut le plus lourd avec dix citoyens tués, suivie de la Grande-Bretagne avec six morts.

Au moins quatre Américains sont morts et plusieurs autres grièvement blessés, selon le département d’État. Madrid a annoncé la mort de deux Espagnols et les Pays-Bas ont fait part de trois Néerlandaises tuées.

Trois des quatre enfants du milliardaire danois Anders Holch Povlsen, qui était en vacances au Sri Lanka avec son épouse, ont été tués.

La Chine, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Portugal et le Bangladesh font notamment partie des nations touchées, selon le ministère des Affaires étrangères sri-lankais.

– Qui est responsable ? –

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi ces attentats « ayant visé des ressortissants des pays de la Coalition (anti-EI) et les chrétiens », via son agence de propagande Amaq.

Les autorités sri-lankaises attribuent le carnage au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama’ath (NTJ), qui ne l’a pas revendiqué, et cherchent à savoir s’il a bénéficié d’un soutien logistique international.

Les deux frères figurant parmi les kamikazes ont joué un rôle-clé dans ces attentats qui, selon les premiers éléments de l’enquête, pourraient avoir été commis en représailles au récent massacre des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (50 morts).

Ces deux hommes âgés, entre 20 et 30 ans et dont les noms n’ont pas été révélés, étaient les fils d’un riche commerçant et selon les policiers dirigeaient une « cellule terroriste » familiale. Plusieurs membres de cette famille sont interrogés par la police.

Quarante personnes ont été arrêtées.

Le NTJ avait fait il y a dix jours l’objet d’une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle il préparait des attentats suicides contre des églises et l’ambassade d’Inde à Colombo. Cet avertissement était basé sur un signalement « d’une agence de renseignement étrangère ».

Le NTJ s’était fait connaître en décembre dernier lorsque que ses membres avaient vandalisé des statues bouddhiques.

Jusqu’en 2009, le Sri Lanka a été le théâtre d’une guerre civile très meurtrière de plusieurs décennies opposant forces gouvernementales et séparatistes tamouls.

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