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Les relations entre Moscou et Pyongyang forgées à l’ère soviétique

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La Russie et la Corée du Nord, dont les deux dirigeants Vladimir Poutine et Kim Jong Un se retrouvent jeudi à Vladivostok, entretiennent des relations historiques forgées au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

– Alliés communistes –

En 1948, Kim Il Sung, grand-père de l’actuel dirigeant nord-coréen, est placé par Staline à la tête de la République démocratique de Corée (RPDC), rivale du régime capitaliste instauré au Sud par les Etats-Unis.

Deux ans plus tard, Kim Il Sung envahit le Sud, avec le soutien de la Chine et de l’Union soviétique, déclenchant la guerre de Corée qui fera 4 millions de morts jusqu’en 1953.

Pendant toute la guerre froide, le régime communiste nord-coréen bénéficiera du large soutien de l’Union soviétique qui lui fournit aide, armes et pétrole à bon marché.

En 1961, Pyongyang et Moscou signent un traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle, par lequel l’URSS s’engage défendre son allié en cas d’attaque.

Kim Il Sung se rend en visite officielle à Moscou en 1984, puis en 1986.

Mais les relations entre les deux pays vont connaître un brusque refroidissement en septembre 1990, lorsque Moscou décide d’établir des relations diplomatiques avec Séoul.

L’éclatement de l’URSS en décembre 1991 scelle la rupture des liens stratégiques entre Pyongyang et Moscou. La Chine reste seule alors à tenir à bout de bras l’économie sinistrée de son ancien frère d’armes, devenant son plus proche allié et premier partenaire commercial.

– Traité d’amitié sous Poutine –

Les relations entre la Russie et la Corée du Nord de Kim Jong Il – qui a succédé à son père décédé en 1994 – sont relancées par Vladimir Poutine peu après son arrivée au pouvoir.

En février 2000, les deux pays signent un traité d’amitié et en juillet, Vladimir Poutine se rend lui-même en Corée du Nord, pour la première visite jamais effectuée par un président russe dans ce pays.

En 2001 puis 2002, Kim Jong Il se rend à son tour à Moscou.

En 2003, en pleine crise nucléaire dans la péninsule coréenne, la Russie participe pour la première fois à des négociations multilatérales destinées à obtenir de Pyongyang l’abandon de son programme nucléaire.

Kim Jong Il se rendra une dernière fois en visite officielle en Russie en août 2011, quatre mois avant son décès.

– Kim Jong Un, d’un sommet à l’autre –

En 2014, Moscou annule 90% de la dette de Pyongyang envers la Russie, remontant à l’époque soviétique.

En avril 2018, en pleine détente dans la péninsule coréenne, la Russie demande à la communauté internationale d’accorder des « garanties en béton armé » à Pyongyang en échange d’une dénucléarisation.

Quelques jours après un sommet historique entre Donald Trump et Kim Jong Un le 12 juin 2018 à Singapour, le président Poutine, qui a demandé la levée des sanctions internationales contre Pyongyang, réitère son invitation au dirigeant nord-coréen à se rendre en Russie.

La première rencontre entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un, jeudi à Vladivostok, survient moins de deux mois après l’échec retentissant du deuxième sommet entre le dirigeant nord-coréen et Donald Trump à Hanoï, qui s’est achevé sans accord sur l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

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