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Ligue des Champions : La réforme de la discorde

Les opposants au projet de la réforme de la Ligue des Champions se sont réunis le mardi 7 mai à Madrid, avec l’objectif de parvenir à une position commune contre l’éventuelle Super Ligue quasi fermée que prévoient de créer certaines grosses écuries du continent européen à partir de 2024.

En particulier, l’un des thèmes de discussion qui était programmé à Madrid était intitulé « Une ligue fermée de facto pour les clubs d’élite » : tel est le scénario que, selon plusieurs médias, l’Association européenne des clubs de football (ECA) et son Président Andrea Agnelli (Juventus Turin) souhaiteraient voir adopter à partir de 2024.

Selon la presse, le projet permettrait aux six premières équipes au sein de quatre poules de huit d’être directement qualifiées pour l’édition suivante, indépendamment de leur classement en championnat. Ce qui en pratique favorisera les géants continentaux et réduira les aléas sportifs.

Loin de faire l’unanimité

Ces informations ont suscité un tollé auprès des clubs les plus modestes, mais aussi des Ligues organisatrices des championnats nationaux, qui craignent de voir leurs compétitions dévaluées, surtout si la réforme empiète sur les épreuves domestiques en incluant des matches européens à jouer le week-end. L’UEFA en réunion à son siège à Nyon (Suisse) mercredi a présenté son projet de réforme de la C1 à partir de 2024. il y aurait bien quatre poules de huit équipes, donc beaucoup plus de matches européens qu’actuellement pour chaque club engagé, et un système de promotion-relégation favorable aux plus grosses écuries. « Aucune décision n’a été prise. Jusqu’ici, ce ne sont que des idées et des opinions », a toutefois tempéré le président de l’instance européenne Aleksander Ceferin dans un communiqué. Il n’y aurait, en revanche, pas de matches européens le week-end. Dans cette nouvelle C1, les cinq meilleures équipes de chaque poule seraient directement qualifiées pour l’édition suivante, indépendamment de leur classement en championnat, ce qui réduirait de facto l’intérêt des compétitions domestiques.

Certaines figures du football mondial ont également critiqué l’esprit du projet, à l’image du Français Zinedine Zidane, pourtant entraîneur du Real Madrid. « Pour ceux qui sont (petits), ce sera certainement beaucoup plus compliqué de pouvoir jouer la Ligue des Champions », a fait valoir Zidane. « Vivre un moment comme celui-là, pour ceux qui ne la jouent pas régulièrement ou qui la jouent une fois dans une vie, c’est magnifique ».

Le FC Barcelone, l’autre géant du football espagnol, s’est dit pour sa part opposé aux matches européens le week-end, tout en soutenant une réforme de la C1 visant à développer la compétition. En Allemagne, Karl-Heinz Rummenigge et Hans-Joachim Watzke, patrons respectifs du Bayern Munich et du Borussia Dortmund, ont avoué que la réforme ne leur plaisait guère, mais qu’ils étaient prêts à des « compromis » puisqu’elle semble désormais inévitable.

Le président de la Ligue allemande (DFB) Christian Seifert est pour sa part opposé à cette réforme, et très combattif. Il estime notamment que les matches européens le week-end sont « une ligne rouge » à ne pas franchir, sous peine de recours en justice.

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