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Syrie: douze civils tués dans des bombardements dans le nord-ouest (ONG)

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Au moins douze civils, dont trois enfants, ont été tués jeudi dans des bombardements du régime de Bachar al-Assad et de son allié russe visant le nord-ouest de la Syrie, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Soutenu par l’aviation russe, le pouvoir syrien pilonne depuis près de trois mois la province d’Idleb dominée par des jihadistes, ainsi que les zones adjacentes dans les régions limitrophes d’Alep, Hama et Lattaquié.

Depuis le début de l’escalade fin avril, plus de 730 civils, dont 180 enfants, ont été tués dans les bombardements du régime ou de la Russie sur la région d’Idleb, selon l’OSDH, et 330.000 personnes ont fui les violences, d’après l’ONU.

Jeudi, sept des victimes ont été tuées dans des raids aériens russes, dont cinq dans la ville de Maaret al-Noomane et ses alentours, a indiqué l’OSDH.

Et les frappes du régime syrien ont tué cinq autres civils, dont deux enfants, dans la province voisine d’Alep, d’après la même source.

La région d’Idleb qui échappe au pouvoir d’Assad est contrôlée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda). D’autres factions rebelles et jihadistes y sont présentes.

Cette région accueille des centaines de milliers de personnes ayant fui les combats dans d’autres zones de la Syrie en guerre ou ayant refusé de rester dans des localités rebelles reprises par le régime.

Lundi, près de 50 civils ont péri dans les bombardements, dont 38 sur un marché à Maaret al-Noomane, selon l’OSDH.

L’ONG avait pointé du doigt l’aviation russe pour ce drame sur un marché mais Moscou a démenti toute implication.

Jeudi, l’ONG Save the Children a déploré l’effusion de sang, indiquant que le nombre d’enfants tués à Idleb ces quatre dernières semaines dépassait désormais le bilan recensé sur l’ensemble de l’année 2018.

« La situation actuelle à Idleb est un cauchemar », a déploré Sonia Khush, directrice de l’ONG en Syrie.

Dans le même temps, l’opposition syrienne en exil, réunie à Istanbul, a déploré « un massacre en moyenne par jour ».

Son chef, Anas Abdah, a évoqué un « génocide » lors d’une conférence de presse.

Ces violences interviennent malgré un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie, marraine de certains groupes rebelles, visant à éviter à Idleb une offensive d’envergure des forces loyales à Damas.

L’initiative prévoyait une « zone démilitarisée » pour séparer les territoires tenus par les jihadistes et les rebelles des zones gouvernementales attenantes.

Déclenchée en 2011 par la répression par le régime de Bachar al-Assad de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.

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