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L’enfer carcéral hante les journaux camerounais

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Les journaux camerounais chargent le gouvernement sur l’univers carcéral, au lendemain des émeutes des 22 et 23 juillet dans les prisons respectivement de la capitale, Yaoundé et du chef-lieu de la région du Sud-Ouest, Buea.Rendant compte du point de presse tenu sur le sujet en fin de semaine dernière par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, The Sun indique que Paul Biya a ordonné au gouvernement d’accélérer les procédures judiciaires afin de décongestionner les prisons.

Pour Sans Détour, ces mesures présidentielles sonnent comme des réponses tardives à une alerte, pourtant donnée depuis 2015, par le ministre en charge de la Justice, Laurent Esso. Pourtant, constate L’Anecdote sous le titre «Le procès kafkaïen», des bruits polluants inondent l’espace public de polémiques, tendant à incriminer le garde des Sceaux sur la surpopulation carcérale et les longues détentions préventives.

Le même Laurent Esso a été présenté à l’opinion publique comme le principal, sinon l’unique responsable de ces soulèvements, confirme le bihebdomadaire Repères. Sans doute, il a une part de responsabilité dans ce qui est arrivé, notamment parce que la construction de nouvelles prisons ou la réhabilitation de celles existantes lui incombent au premier, toute chose qui aurait permis de désengorger les prisons.

Mais c’est oublier aussi, s’empresse d’ajouter la publication, que l’administration de la justice y est pour beaucoup dans la surpopulation carcérale. Or, le ministre de la Justice n’exerce qu’un contrôle limité sur le travail des magistrats, surtout du siège : «Autant dire qu’il n’est pas le principal décideur du fonctionnement de la magistrature ou de la justice.

La surpopulation carcérale a un nom, tranche l’hebdomadaire L’Avenir : les lenteurs judiciaires, la corruption et les emprisonnements fantaisistes, conséquence d’une gouvernance obscurantiste et vénale, perpétrée par des individus sans foi ni loi.

Cette situation, littéralement inhumaine, est la conséquence de l’incurie de ceux qui sont chargés du prononcé des sentences, notamment des magistrats, soupire Défis Actuels. En effet, il n’est pas rare de voir des personnes attendre des années pour être jugées. La faute aux multiples renvois de complaisance.

«Par ailleurs, il est tout aussi récurrent que des personnes soient condamnées et emprisonnées pour des infractions mineures. D’où vient-il qu’en 2019, des gens soient encore envoyés en prison pour ‘’défaut de carte nationale d’identité » ? Cette politique du ‘’tout carcéral » renseigne à suffisance sur le caractère essentiellement répressif de la société camerounaise.»

La systématisation de la détention provisoire (environ 58,1% des cas, selon le rapport sur l’État des droits de l’homme au Cameroun en 2017) est, en grande partie, responsable de l’engorgement des prisons du pays, répond en écho InfoMatin. La surpopulation carcérale constitue un problème que le gouvernement peine à résoudre, et dont il fait semblant d’être surpris de la gravité, pointe pour sa part Mutations.

S’il est constant que détenus et prisonniers jouissent de droits inaliénables, il faut reconnaître, répond en écho le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, «qu’un effort important doit être fait en vue d’améliorer leurs conditions de détention.

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