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FEMAFOOT – Alassane Souleymane : « Nous voulons créer un déclic »

Attendue pour le 29 août 2019,  la course pour la présidence de la FEMAFOOT est lancée. Ils sont trois et chaque candidat donne de ses arguments, présente ses ambitions pour le football malien. Entretien avec Alassane Souleymane. 

 

Vous êtes présenté par beaucoup comme la troisième voie. Est-ce un atout ?

Oui. Nous sommes dans une situation de crise. Elle a commencé il y a 3 – 4 ans, mais j’ai toujours dit que le football malien était en crise perpétuelle. Cela s’est juste aggravé. Tout le monde s’attend à une sortie de crise. Mais comment ? En tant qu’acteur du football et journaliste, de ce que je vois de mes deux concurrents, il n’y a aucune offre nouvelle. Nous allons plutôt vers la même impasse. C’est le ballon qui réunit tout le monde, mais les uns et les autres ont leurs sensibilités. Si vous faites une liste sans tenir compte de celles-ci, vous ne vous donnez pas les chances de gouverner en toute tranquillité. Les clivages sont toujours là. Mes deux concurrents sont sur les mêmes positions qu’il y a deux ans, avant l’installation du Comité de normalisation. Je me disais qu’ils allaient mettre de l’eau dans leur vin et proposer des listes consensuelles. Mais je me rends compte que ce n’est pas le cas. Du coup, j’ai relancé ma candidature, pour me battre, dire comment nous voyons cette sortie de crise, quelle est l’alternative que nous proposons et quel est le projet que nous comptons défendre.

Vos deux concurrents semblent néanmoins avoir plus de chances…

Les forces que l’on prête à mes deux concurrents sont les faiblesses du football malien. Vous ne pouvez pas faire une liste et y inclure uniquement des présidents de clubs et de ligues. Président de la FEMAFOOT ne se limite pas à être président de club ou de ligue. Le football, c’est jusqu’aux comités de district et de sous-district. Vous avez des clubs amateurs, en deuxième division, qui n’ont pas de droit de vote. Mais ils font le football. Les candidats se disent que ces votes sont acquis. Cela démontre qu’il n’y a pas de démocratie dans nos clubs ou dans nos ligues. C’est biaisé. Ma candidature veut attirer l’attention, dire nous sommes dans un piège et nous devons en sortir. Ma liste est celle de la sortie de crise, la meilleure alternative pour tout le monde. J’ai cherché des gens modestes, mais qui ont travaillé pour le football.

Il y a deux ans, votre candidature avait été invalidée. Qu’est-ce qui a changé ?

Entre 2017 et maintenant, il y a eu deux assemblées générales. Une sur les statuts, qui ont été repris, et une autre pour valider le règlement d’application des statuts, le code électoral et le règlement de l’assemblée. J’ai changé de façon de faire. La dernière fois, je n’étais pas trop engagé, parce que je croyais que la commission électorale allait voir les faiblesses des textes et ne pas m’invalider pour absence de soutien. On vous demande de chercher trois soutiens de membres de la FEMAFOOT, mais ni dans le règlement d’application, ni dans la circulaire d’appel à candidature on ne vous dit comment les matérialiser : une lettre ? Une attestation ? Je ne voulais plus avoir de position attentiste, j’ai cherché des soutiens et je les ai obtenus.

Votre candidature s’inscrit donc dans une logique de prise de conscience ?

Notre liste est là pour créer un déclic afin que les gens comprennent le fonctionnement de la fédération. Depuis 2002, aucun président élu n’a fait deux mandats.  Avec les mêmes règles, puisque rien n’a changé, si on élit l’une ou l’autre des autres deux listes, nous resterons dans l’impasse. Et qui laisserons-nous à quai ? Nos joueurs, tout d’abord, nos clubs, nos équipes. La sélection malienne a démontré lors de la dernière CAN qu’elle avait de l’avenir, mais la garantie de cet avenir c’est la bonne gouvernance.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

Le 8 juillet, au soir de l’élimination de notre équipe, j’ai annoncé que je serai candidat. De la rupture, mais également de l’avenir. Regardez nos footballeurs! Qu’est-ce qui nous empêche de gagner la CAN? Depuis 1994, ce sont les crises répétitives au sein du comité exécutif. Je vous garantis que les membres de ma liste connaissent le football. Avec cette équipe, si nous sommes élus le 29 et que les autres acceptent de mettre balle à terre et laissent le comité exécutif travailler sur les sélections, au bout de deux ou trois ans nous remporterons la CAN et nous emmènerons le Mali au Mondial pour la première fois de son histoire.

À quoi devra ressembler le travail du comité exécutif post CONOR ?

Il doit être équilibré un comité d’ouvriers qui ne sera pas là que pour les privilèges. S’asseoir dans les loges officielles ou effectuer des voyages avec les différentes sélections ? Non. Il va falloir travailler et être à l’écoute de tous. Le football est un projet, avec des compétences, et je les ai dans mon équipe. C’est ce dont nous avons besoin, des compétences au service du football.

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