International › APA

Vente de fleurs et plantes à Ouaga : un bon gagne-pain durant l’hivernage

La vente de fleurs pour des décorations à domicile et de plantes pour des opérations de reboisement ou autres préoccupations écologiques constitue une activité florissante au Burkina Faso, surtout en cette période d’hivernage.Le créneau est si porteur que beaucoup de personnes, notamment à Ouagadougou, en ont fait leur job, 24h sur 24. Ainsi en est-il d’Anase Guira.

Ce quadragénaire officie aux abords du barrage n°3 de Ouagadougou, l’un des plus ouvrages hydrauliques de la capitale burkinabé. Diverses et attrayantes, ses variétés vont des manguiers aux goyaviers et bananiers en passant par les plants de baobab, d’acacia, de teck, etc. Par endroits, les fleurs décoratives donnent de belles couleurs à cette flore.

En ce mercredi après-midi, Anase, dans l’attente des clients, discute avec quelques amis de passage. De temps en temps, il jette de regards furtifs sur ses plantes et fleurs, histoire de s’assurer que ses deux employés font bien leur boulot.   

Cela huit ans qu’il s’est lancé dans la vente de fleurs et de plants, une activité qu’Anase présente  comme sa « principale » occupation. A la question de savoir si l’activité est rentable, M. Guira répond par l’affirmative, avant de relativiser : «C’est surtout en saison pluvieuse, précisément, courant mi-juillet à fin septembre, que nos affaires marchent».

Ses propos sont corroborés par Hamado Kiendrébéogo. Cela fait une vingtaine d’années que cet homme, père de trois enfants dont l’un est à l’école, exerce ce métier. A l’en croire,  durant les mois d’août et de septembre, la vente de fleurs et de plantes booste son chiffre d’affaire journalier jusqu’à « 100.000 FCFA, voire plus ».

Le plus gros client, confie-t-il, est la mairie de l’arrondissement qui lui fait des commandes pour ses opérations de reboisement.

Ce jardinier-fleuriste dont le lieu de travail est situé au quartier Kossoghin de Ouagadougou, en bordure de la Route nationale n°22 (RN 22), vent également des pavés et des pots de fleurs confectionnés à base de ciment.

Pour bien maitriser son commerce, il emploie quatre personnes payées chacune 35.000 FCFA par mois, peu importe la période de l’année.

Toute autre est la méthode de Ipala Zomodo : il se fait aider de deux jeunes frères qu’il rémunère en fonction du gain journalier.

«Chacun des deux jeunes qui m’aident à vendre les plants et les fleurs peut avoir, à la fin de la journée, entre 1000 F et 2000 F CFA, en fonction de la recette du jour», indique M. Zomodo, soulignant qu’«actuellement, grâce à la saison des pluies, on peut avoir au minimum 5.000 F CFA quotidiennement».

Ipala Zomodo trouve le métier de fleuriste-jardinier plus rémunérateur que  celui de carreleur qu’il a, auparavant, exercé pendant cinq ans. 

S’il y a bien une période de l’année redoutée à l’unanimité   par les vendeurs de fleurs et de plantes, c’est bien la saison sèche, notamment, la période allant de février à mai.

«Durant la saison sèche, non seulement, il n’y a pas beaucoup de clients pour écouler nos produits, mais nous avons des difficultés pour avoir de l’eau en vue d’arroser et entretenir nos plants», relate M. Zomodo, obligé  à l’occasion de recourir à de l’eau de robinet qu’il achète lorsque le barrage est à sec, à partir du mois de mars.

Face à pareille situation, Hamadou Tiendrébéogo a une méthode : stocker l’eau achetée dans des bassins conçus à cet effet.

L’autre difficulté, fait observer Anass Guira, est relative au temps de croissance de certaines plantes avant d’être jugées aptes à la vente. «Parmi les plante que nous vendons, certaines ne sont vendables à un prix bénéfique qu’après, au moins, deux ans. Tout ce temps, il faut arroser quotidiennement les plants, sinon vous risquer de les perdre», indique-t-il.

En guise d’appui à sa corporation, le fleuriste-jardinier suggère que l’Etat prenne des mesures pour encourager et booster les reboisements. «Le gouvernement, souligne-t-il, peut décider que chaque candidat aux concours apporte une plante comme complément de dossier».

Selon lui, une telle mesure aura un double avantage : booster les reboisements et lutter contre la déforestation, mais également augmenter la clientèle des fleuristes et jardiniers.

Cette idée n’est pas sans rappeler la décision de certaines communes du Burkina Faso d’inscrire dans la liste des dossiers à fournir pour le mariage, des plants d’arbres fruitiers. Ainsi, chaque couple candidat au mariage doit déposer à la mairie et, suivant sa convenance, une bouture de manguier, d’avocatier, etc.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut