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Arabie: attaque de drones contre deux installations pétrolières d’Aramco

Une attaque de drones a provoqué des incendies samedi dans deux installations pétrolières du géant saoudien Aramco dans l’est de l’Arabie saoudite, troisième attaque en cinq mois contre des infrastructures du mastodonte qui prépare son entrée en bourse.

L’attaque contre les sites d’Abqaiq et Khurais n’a pas été revendiquée dans l’immédiat mais la précédente, en août contre une installation gazière, l’avait été par les rebelles Houthis au Yémen voisin.

D’ailleurs, la chaîne de télévision des Houthis a annoncé sans plus qu’un « communiqué important » serait publié sur une attaque en Arabie saoudite, pays dont les forces sont engagées au côté du pouvoir au Yémen contre les rebelles.

« A 04H00 locales (01H00 GMT) les équipes de sécurité d’Aramco sont intervenues pour éteindre des incendies dans deux installations », a indiqué le ministère de l’Intérieur du royaume saoudien, premier exportateur mondial d’or noir.

« Les deux incendies ont été maîtrisés », a-t-il ajouté dans un communiqué relayé par l’agence officielle SPA, sans préciser la provenance des drones, s’il y a eu des victimes ou si l’attaque a entraîné la suspension des opérations. Une enquête a été ouverte.

Les autorités saoudiennes semblent avoir renforcé la sécurité autour des deux sites visés, empêchant les journalistes de s’approcher pour constater l’étendue des dégâts.

Les Houthis, soutenus politiquement par l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite, revendiquent régulièrement des tirs de drones ou de missiles contre des cibles saoudiennes. Ils affirment agir en riposte aux frappes aériennes de la coalition militaire menée par le royaume, qui intervient depuis 2015 au Yémen en guerre.

– Menace sérieuse –

Le site d’Abqaiq, situé à 60 kilomètres au sud-ouest de Dahran, principal siège du géant pétrolier, abrite la plus grande usine de traitement du pétrole d’Aramco, selon son site internet.

Khurais, à 250 kilomètres de Dahran, est l’un des principaux champs pétroliers de l’entreprise publique qui prépare son entrée en bourse, initialement prévue pour 2018 mais reportée en raison de la chute des cours du brut sur le marché mondial.

Pierre angulaire du programme de réformes engagé par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour diversifier l’économie saoudienne ultra-dépendante du pétrole, cette introduction sur les marchés doit avoir lieu « bientôt » selon le nouveau PDG d’Aramco, Amin Nasser.

Les attaques des rebelles yéménites, de plus en plus régulières, montrent qu’ils disposent d’armes avancées et constituent une menace sérieuse pour l’Arabie saoudite et plus particulièrement pour ses installations pétrolières.

Le 17 août, les Houthis avaient dit avoir mené une attaque à l’aide de dix drones, « la plus massive jamais lancée en Arabie saoudite », contre le champ de Shaybah (est), qui avait provoqué un incendie « limité » selon Aramco sur une installation gazière, sans faire de blessés.

Le 14 mai, les Houthis avaient revendiqué une attaque de drones dans la région de Ryad, contre deux stations de pompage d’un oléoduc reliant l’est à l’ouest du royaume, qui avait entraîné l’interruption temporaire des opérations sur l’oléoduc.

– Tensions –

Cette attaque avait ajouté aux tensions grandissantes dans la région du Golfe, après des attaques et des actes de sabotages contres des pétroliers en mai et juin, imputés par les Etats-Unis et son allié saoudien à l’Iran qui a nié toute implication.

La destruction d’un drone américain, entré dans l’espace aérien iranien selon Téhéran, avait fait craindre un embrasement général. Le président américain Donald Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles.

Le site d’Abqaiq, attaqué samedi, avait déjà été la cible d’une attaque à la voiture piégée revendiquée par le réseau Al-Qaïda en 2006. Les deux assaillants, morts dans l’attaque, n’avaient pas réussi à pénétrer dans l’enceinte de l’usine de traitement et deux gardes avaient été tués.

En 2014, un tribunal saoudien avait condamné à mort un homme lié à cette attaque et deux autres avaient été condamnés à 33 et 27 ans de prison, selon un média d’Etat.

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