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Politique et gouvernance en couverture des journaux camerounais

La tenue prochaine du Grand dialogue nationale pour le retour à la paix dans les régions anglophones, continue d’occuper le haut de l’affiche dans les journaux camerounais parus vendredi, lesquels se penchent également sur le malaise né de la grève des avocats.Nommé coordonnateur de la grande palabre sur la crise anglophone, la photo du Premier ministre Dion Ngute, en pleine audience dans son cabinet, orne la couverture du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune surmontée du titre «Préparation du Grand dialogue national : des propositions à la pelle». C’est que, explique la publication, après les partis politiques, le chef du gouvernement a entamé les consultations avec les forces vives de la nation en vue de recueillir leurs idées et suggestions.

C’est que l’initiative du chef de l’État prend corps, se satisfait également Essingan, pendant que le quotidien à capitaux privés de langue anglaise The Guardian Post annonce, dans les jours à venir, l’envoi d’émissaires en charge de prendre attache avec la diaspora, et surtout de convaincre les séparatistes exilés à éviter la politique de la chaise vide.

Les saints et les pécheurs sont de sortie, constate The Rambler : après trois ans de tueries, d’atrocités diverses, de milliers de réfugiés et de déplacés internes, Paul Biya consent enfin, sous les pressions internationales, à convoquer une table ronde qui s’avère la seule solution de sortie de crise. Paradoxalement, ce sont encore les zélateurs de son régime qui se bousculent majoritairement en consultation chez le Premier ministre, brulant la politesse aux vrais acteurs du malaise de la communauté anglophone à l’origine de l’insurrection armée.

Les Camerounais n’ont probablement pas besoin d’un référendum pour pouvoir vivre-ensemble, analyse, dans les colonnes d’InfoMatin, le journaliste et écrivain Jean François Mebenga, par ailleurs militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir). Pour lui, les sujets soumis à l’offre de dialogue du président Paul Biya sont nombreux, qui chevauchent tant en amont qu’en aval de la communauté nationale.

Toujours est-il que la tenue sereine du Grand dialogue national nécessite une cessation des hostilités dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, rétorque Mutations, redoutant un «improbable cessez-le-feu» sur le terrain avec en illustration l’acte symbolique d’assassinat d’une jeune femme, dans la localité de Batibo (Nord-Ouest), par des séparatistes présumés.

Et, pendant que le pays retient son souffle en espérant une sortie pacifique de crise, l’hebdomadaire Investigation relève d’étranges coïncidences entre le climat sociopolitique actuel et l’évolution de la grève des avocats avec des relents de «complot contre l’État du Cameroun».

Le caractère de plus en politique du mot d’ordre de grève démobilise les hommes en robe, acquiesce InfoMatin, faisant par ailleurs état de forts soupçons de détournement autour d’une enveloppe de 100 millions de francs octroyés par le chef de l’État pour l’organisation de la rentrée solennelle du barreau, le 9 juin.

À en croire ce journal, le déblocage de ces fonds n’a jamais été communiqué à la majorité des membres du barreau, qui désormais demandent des comptes à leur exécutif qui leur avait, plutôt, affirmé s’être endetté auprès de tiers pour l’organisation de la manifestation.

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