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Accord pour la paix : Vers une nouvelle ère ?

Depuis le report de la 38ème session du Comité de suivi de l’Accord, prévue à Kidal le 17 septembre dernier, la tension est montée entre la CMA et le gouvernement. Le départ du Président du CSA, l’exigence d’une réunion d’urgence par la CMA avant toute participation aux activités de la mise en œuvre de l’Accord et la colère du Président du Niger contre certains de ses membres sont de nature à changer la donne.

Entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et le gouvernement du Mali, le temps est à la discorde. Le tout est né du report  par le gouvernement de la 38ème session du CSA prévue à Kidal. La CMA, contrariée par cette décision  « unilatérale », conditionne la poursuite de sa participation aux activités de la mise en œuvre de l’Accord à une réunion d’urgence des parties prenantes. Après la lettre  de la CMA au lendemain de cette annulation, le porte-parole de la coordination est revenu sur ses exigences lors d’une conférence de presse samedi dernier à Bamako. « Le but était de m’entretenir avec la presse nationale, surtout sur les derniers développements liés au processus de mise en œuvre de l’Accord, notamment la décision du gouvernement d’annuler le CSA à Kidal alors que c’était prévu depuis un mois », a expliqué Mossa Ag Attaher. « C’était aussi pour vous informer de la position globale de la CMA face à un certain nombre des choses qui sont récentes dans le processus, notamment les disfonctionnements de gouvernance même de l’Accord, les mésententes liées à la façon d’agir du gouvernement et le danger que constitue aujourd’hui la rupture de la concertation avant toute décision, chose que nous avions installée pourtant depuis un certain temps entre toutes les parties », a-t-il ajouté.

Du côté du gouvernement, il n’y a pas de quoi s’alarmer. Mais le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale concerte largement les partenaires du Mali à ce sujet. Le 19 septembre, Tiebilé Dramé a reçu les ambassadeurs des pays africains et les cinq ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Le report de la rencontre et la mise en œuvre de l’Accord étaient au centre des discussions. « Le report d’une réunion ne peut pas entrainer le déraillement d’un processus auquel le Mali, la sous-région, l’Afrique et la communauté internationale ont consacré tant d’efforts. Le report d’une réunion ne signifie pas que l’Accord de paix est en train d’imploser. Ce n’est ni la réalité ni notre compréhension, encore moins notre souhait. La réunion a été reportée parce que le Président de la République a pris en compte de nouveaux éléments, intervenus quelques jours avant », disait le Président du Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA).

Crispations

Alors que le Président Ibrahim Boubacar Kéita et certains de ses ministres prennent part à la 74ème Assemblée générale de l’ONU, l’impatience gagne la CMA, qui tient à une réunion d’urgence avant toute autre étape dans la mise en œuvre de l’Accord. « Il est clair que cette annulation n’a pas choqué que la CMA, mais aussi un certain nombre de partenaires au sein de la médiation, y compris le Président du CSA, qui n’a été informé que pratiquement  24 heures avant », souligne Mossa Ag Attaher. Selon lui, « la confiance entre les parties a pris un coup dur, du plomb dans l’aile. Nous ne faisons plus confiance, à partir du moment où le gouvernement  pense qu’il a le droit ou la possibilité de décider à tout moment, seul, de l’avenir du processus, alors que les décisions engagent toutes les parties », fait-il savoir.

Mais l’analyste politique Boubacar Bocoum pense que « la CMA n’aucune raison de se fâcher. Kidal fait partie du Mali. Si on reporte une réunion qui doit se tenir à Kidal, cela ne doit pas poser problème ». Il estime que  la CMA n’est pas l’égale de l’État malien et que, par conséquent, elle doit s’accommoder des décisions prises. « Le Mali est un État et on ne doit pas forcément prendre l’avis de la CMA pour annuler  une réunion. Le CSA est une structure qui facilite l’application de l’Accord et non une institution qui supplante l’État », met-il en avant.  

Dans son discours à la Nation du 22 septembre, le Président IBK évoquait pour la première fois la possibilité de discuter certaines dispositions de l’Accord. Or, pour Mossa Ag Attaher, « nulle part dans l’Accord il n’a été prévu de rediscuter d’une quelconque clause. Par contre, certains éléments peuvent faire l’objet de discussions, entre les parties signataires uniquement, comme cela est le cas depuis sa signature ».

 

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