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Circulation routière : Pourquoi les règles ne sont-elles pas respectées ?

10 406. C’est le chiffre effrayant des accidents de circulation dans le District de Bamako en 2018, selon les statistiques de la police. Ils ont causé la mort de 322 personnes et fait 7 588 blessés. Récemment, ce sont les camions-citernes, dont la circulation est interdite à certaines heures, qui sont devenus de grandes menaces. Les règles de la circulation routière semblent aujourd’hui bafouées de toutes parts.

« Sur la voie publique, nous avons une multitude d’usagers, comme les véhicules, les motocyclistes, piétons et autres. Lorsque chacun veut utiliser la route à sa façon, sans tenir compte du commun, la règlementation en matière de sécurité routière, l’insécurité ne peut que s’accentuer », affirme indique le lieutenant-colonel Bakary Dao, Directeur régional de la Protection civile du District de Bamako.

Pour lui, le port du casque, le respect des feux de signalisation, la vitesse maximale de 60 km/heure, que l’on soit à moto ou en véhicule, le permis de conduire ou éviter de conduire en état d’ivresse, sont autant de règles élémentaires à respecter. Mais force est de constater aujourd’hui que ce n’est pas le cas.

Incivisme grandissant

« Brûler un feu rouge est devenu un phénomène de mode chez certains jeunes. Tant qu’il n’y a pas de policiers aux alentours, ils se permettent tout », se désole Ibrahima Sangaré, sociologue. « Il y a un incivisme généralisé aujourd’hui sur nos routes, où chacun veut ériger ses propres règles, ce qui rend la circulation, dans la capitale particulièrement, de plus en plus dangereuse », ajoute celui qui pense que le principales causes du non-respect des règles sont liées à l’éducation de la nouvelle génération.

La corruption ?

L’autre facteur important de l’insécurité routière à Bamako, ce sont les camions-citernes transportant du carburant qui circulent librement à toute heure, en violation de la loi. Leur circulation à l’intérieur de la ville n’est normalement autorisée que de 10 heures à 13 heures, sans possibilité d’emprunter les ponts, ce qui ne leur est permis qu’à partir de 22 heures ou 23 heures.

« Cette loi n’est pas respectée parce que les agents de la police chargés de son application sont corrompus. Il suffit que les chauffeurs de ces gros porteurs leur donnent de l’argent et ils obtiennent un laisser-passer », confie Mamadou Traoré, conducteur de taxi.

 

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