› Santé

Lutte contre le paludisme : Trois nouveaux vaccins en phase d’évaluation

Le lancement du projet dénommé « Malaria Transmission Blocking Vaccine » a été effectif  jeudi 10 octobre dernier à Bamako, en présence de nombreuses personnalités du monde scientifique international, sous la houlette du ministre l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique, Pr. Mahamadou Famanta.

L’European and Developing Countries Clinical Trials Partnership (EDCTP) a octroyé une subvention de 18 millions d’euros à un consortium dirigé par le Prof Issaka SAGARA du MRTC/DEAP- USTTB (Pftbv-consortium) pour évaluer un portefeuille de trois vaccins candidats innovants contre le paludisme visant à bloquer la transmission du paludisme avec des sites de recherche au Burkina Faso, en Guinée, au Libéria et au Mali.

Deux vaccins ont été mis au point par le Statens Serum Institute (SSI, Danemark), le troisième a été développé et sera produit par l’intermédiaire des National Institutes of Heath (NIH) aux États-Unis. 

« Nous sommes fiers de soutenir ce portefeuille d’études internationales novatrices (…). Ces vaccins expérimentaux explorent des cibles alternatives par rapport aux autres vaccins expérimentaux en bloquant la transmission du parasite du paludisme par le moustique »,  s’est réjoui Dr Michel Makanga, Directeur exécutif de l’EDCTP.

« Ce projet est aussi une aubaine pour nous en tant qu’institution, car il procédera au renforcement de capacité de plusieurs de nos chercheurs et de nos étudiants à différents niveaux dans ce domaine, mais aussi il sera pour nos populations bénéficiaires une grande contribution dans l’amélioration de leur environnement social économique », a indiqué pour sa part Pr. Mahamadou Famanta.

Une nouvelle stratégie 

La recherche à l’origine du projet a adopté une nouvelle stratégie. Habituellement, l’accent est mis sur la destruction du parasite du paludisme chez les personnes infectées. Dans la nouvelle approche, le but est de tuer le parasite dans le moustique et ainsi arrêter la transmission de l’infection d’un individu à l’autre. 

Cette stratégie de vaccination est appelée « blocage de la transmission ». D’un point de vue numérique, il est intéressant de cibler le parasite du moustique. Un moustique infecté transporte environ 100 parasites du paludisme, contre des milliards chez un humain infecté.

« Les vaccins précédents empêchaient le parasite d’infecter une personne. Ces vaccins-ci empêcheront le parasite d’infecter les moustiques et de se propager dans une communauté. Nous voulons donc établir de nouvelles façons de mesurer les avantages de ces vaccins », a précisé Patrick Duffy, scientifique et docteur au NIH.

 

Au cours du projet, les trois vaccins seront comparés dans le cadre de divers essais cliniques et le plus prometteur sera soumis à des essais à grande échelle au Mali, au Burkina Faso, au Libéria et en Guinée. Le modèle CHMI (Controlled Human Malaria Infection) sera utilisé pour évaluer la transmission du paludisme. 

 « Ces vaccins candidats prometteurs, s’ils réussissent, vont révolutionner définitivement la lutte contre le paludisme auquel les populations des pays d’endémie paient un lourd tribut », a souligné le professeur Issaka Sagara 

Le projet a débuté en janvier 2019 et se poursuivra jusqu’au milieu de l’année 2024.

 Germain KENOUVI

 

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut