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Guinée : Vers une escalade ?

En Guinée, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) a appelé à manifester contre le projet de nouvelle Constitution. Malgré les victimes enregistrées (8 morts et de nombreux blessés selon certaines sources, 2 morts selon le gouvernement), les manifestations entamées le 14 octobre se sont poursuivies le 15 dans plusieurs localités du pays.

Ceux qui ont répondu à l’appel du principal opposant guinéen, Cellou Dalein Diallo, en sont convaincus, derrière la volonté du Président Alpha Condé de relire la Constitution à un an de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, se cache une envie de troisième mandat. Même s’il ne s’est pas encore officiellement prononcé sur la question, il est soupçonné de « tout faire » pour se maintenir au pouvoir.

Déterminé à poursuivre « les manifestations jusqu’à satisfaction des revendications légitimes », le chef de file de l’opposition a appelé les manifestants à maintenir la pression, parlant de « blessés par balles ».

Les autorités, qui ont appelé au calme, ont promis que l’ordre serait maintenu. Le Président, qui a instruit à son Premier ministre d’étendre le dialogue national à l’opposition, a promis de se prononcer sur la question après réception du rapport de ce dialogue.

Un appel au calme perçu par Sidya Touré, autre leader de l’opposition, comme une ruse des autorités afin de désamorcer la crise et de poursuivre leur entreprise en toute tranquillité. S’il devait y avoir dialogue, selon lui, ce serait à condition que toutes les personnes arrêtées soient libérées.

Inquiétudes

Observées de près par ses voisins, les manifestations en Guinée inquiètent et suscitent l’indignation des organisations de défense des droits humains. La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) se dit « vivement préoccupée  par la dégradation de la situation politique en Guinée » dans un communiqué publié le 15 octobre.

Qualifiant de « coup d’État constitutionnel » le projet de révision constitutionnelle, elle invite le président guinéen à renoncer à « tout projet révisionniste et de tripatouillage de la Constitution visant à conserver le pouvoir de manière anticonstitutionnelle ».

L’organisation met en garde les autorités contre tout usage abusif de la force contre les manifestants et invite l’État à garantir les libertés d’expression et de manifestation.

La RADDHO souhaite enfin l’implication de la CEDEAO, de l’Union Africaine et des Nations Unies pour « éviter une dégradation de la paix civile en Guinée ».

 Fatoumata Maguiraga

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