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Ecole d’automne de Bamako : la deuxième édition s’est ouverte à Kabala

  Du 28 octobre au 1er   novembre 2019,  l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako accueille la  deuxième édition de l’Ecole d’automne de Bamako 2019. L’ouverture de cet événement réunissant des chercheurs, universitaires et étudiants a été présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, en présence de l’ambassadeur de France et des responsables des structures concernées. 

Les sciences sociales dans la crise. Pratiques de recherches et production des savoirs en situation de conflit.  Tel est le thème général de cette école d’automne de Bamako, organisée par le Laboratoire Mixte international Macoter.  L’événement était présidé par le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifiques, l’ambassadeur de France au Mali, en présence du directeur de l’Institut de recherche pour le Développement(IRD),  des responsables du Laboratoire mixte international Macoter, des chefs d’institutions universitaires, etc. 

 Pendant cinq jours,  les chercheurs maliens et français débattront autour des trois panels et des ateliers pédagogiques sur chacun de ses panels. La directrice adjointe de LMI Macoter annonce dans une salle pleine des chercheurs et du monde universitaire le déroulement de cette session unique du genre au Mali. Pour elle déjà, la thématique entend  avant tout « questionner la production des sciences humaines et sociales en temps de crise et en particulier les pratiques de recherches de la production de savoirs réalisés dans les situations de conflits ». « Cette école se déroulera en trois temps. Un workshop international qui animera trois panels de haut niveau dont les communications feront l’objet d’une publication ; les 28, 29 et 30 octobre seront consacrées à des ateliers pédagogiques autours desquels les masteriens et doctorants encadrés par des formateurs s’approprieront et synthétiseront les communications des trois panels, et enfin, il y aura  le 1er novembre la restitution des travaux en ateliers sous la forme de trois notes conceptuelles qui rendent compte de trois panels », plante Dr Fatoumata Coulibaly directrice adjointe du LMI Macoter.  Ce Laboratoire regroupe 36 chercheurs et enseignants chercheurs dont 18 maliens. 

Le thème de cette édition de l’Ecole d’automne aborde la place des sciences sociales dans un pays en crise. Une problématique  qu’il convient de poser à un moment où le Mali depuis 2012 est ébranlée par une crise dite multidimensionnelle. Le terme ‘’ crise ‘’ est en effet beaucoup employé ces dernières années dans le registre sécuritaire. Alors que la situation que traverse le Mali apparaît également comme une crise sociale profonde.  Pour Dr Gilles Holder, codirecteur du Laboratoire mixte international Macoter « qu’elle soit explicitée ou euphemisée, qu’elle soit conjoncturelle, multidimensionnelle ou totale, la crise malienne touche avec une permanence historique aussi bien la société que ceux qui l’étudient ». L’anthropologue formule un certain nombre des questions auxquelles l’édition de 2019 va aborder pour tenter de répondre à l’exercice du métier de chercheur et comment transmettre à la société les résultats de ces recherches.  « Si les chercheurs ne réévaluent pas leurs pratiques, leurs pratiques à l’égard non seulement de la crise mais de sa permanence ou de sa récurrence alors qui va penser cela ? Peut-on vraiment penser à la crise malienne, c’est-à-dire la définir, la déconstruire et éventuellement proposer une relecture lorsque qu’on y est soumis au quotidien sans possibilité de s’en extraire intellectuellement ou lorsqu’on est au commande de l’action ? Est-ce que les sciences sociales dans la crise signifient que celles-ci  soient en crise ? », se questionne le chercheur. 

Quels impacts

Si les chercheurs en sciences sociales se voient  souvent discriminés par rapport aux chercheurs en sciences dures, l’impact de leurs productions est indéniable, surtout en temps de crise. « Dans la situation qui caractérise le Mali, les productions de savoirs sur la société pourraient apparaître à priori une ressource majeur pour éclairer les débats sur la résolution de la crise, les conditions de la paix etc. », souligne Dr Gilles Holder car poursuit –il,  « le recours à la science permet en effet de proposer une lecture un peu différente de celle faite par le politique, le militaire, ou par l’expert à travers une analyse de la nature, de la forme, de l’historicité du contexte ».  

Pour le recteur de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako, Dr Moussa Djiré, il revient aux chercheur de proposer aux décideurs ou à la communauté scientifique des pistes de solutions pour sortir de la crise, car très souvent on nous reproche ce que servent nos recherches », disait-il. Il a mis en relief la pertinence des thématiques qui seront traitées et les questions méthodologique, épistémologique, éthique et déontologique que soulève la recherche en temps de crise. Pour conforter l’utilité de la science et de recherche, il cite Averroès, philosophe et théologien du XII siècle, qui disait que  « l’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine à la violence ». 

Les personnalités présentent à la cérémonie, comme l’ambassadeur de France a magnifié la qualité du partenariat entre les institutions de recherches françaises et le Ministère  malien de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. « J’estime que l’action et la décision doivent se fonder sur des analyses rigoureuses » a fait savoir Joël MEYER. 

Pour encourager cette dynamique d’Ecole d’automne  dont la première édition a eu lieu en octobre 2018 à Bamako, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique,  Mahamadou FAMANTA, a mis l’accent sur l’importance des sciences sociales pour comprendre les situations de crise. Il a déploré les tueries qui sont intervenues au centre du pays entre peulhs et dogons, deux communautés qui ont vécu des millénaires ensemble. « Nous avons la conscience aiguë que les scientifiques des sciences sociales vont nous permettre de connaître les raisons  socio-anthropologique de ces conflit et les informations qu’ils vont donner pourront contribuer à la résolution de cette crise », espère-t-il.   

Acherif Ag Ismaguel 

 

 

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