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La jeunesse malienne pour « la reconstruction » du pays

Sur une population de plus de 18 millions d’habitants, plus des deux tiers ont moins de 24 ans. L’implication des jeunes est donc primordiale. Cependant, cette jeune population doit faire face à plusieurs difficultés.

Depuis 2012, le Mali est confronté à de fortes instabilités politiques et sécuritaires gangrenées par le terrorisme. Elles sèment la mort et obligent des centaines de milliers de personnes à se déplacer. Malgré la signature d’un accord pour la paix et la réconciliation en 2015, les acteurs locaux les plus concernés ne se sont pas suffisamment impliqués.

L’espoir d’une paix durable, est un sujet de préoccupation parmi les jeunes. “Les jeunes […] dans le Sahel, qui représentent la majorité de la population, sont visés par les campagnes de recrutement des mouvements radicaux. Près de 41 millions des jeunes de moins de 25 ans du Burkina Faso, du Tchad, du Mali, de Mauritanie et du Niger risquent de se radicaliser ou de devenir migrants”, a indiqué Mme Hiroute Guebre Sellassie, représentante du Secrétaire général sur la Stratégie intégrée des Nations Unies.

En effet, confrontée aux problématiques de chômage, d’éducation et l’absence de perspective, la jeunesse constitue une « proie » facile pour l’enrôlement dans les groupes terroristes.

Toutefois malgré ces contraintes, les jeunes sont la plus grande source d’espoir pour l’avenir du Mali, comme en a témoigné l’intellectuel Amadou Hampâté Bâ : « jeunes gens, derniers-nés du XXe siècle, vous vivez à une époque à la fois effrayante par les menaces qu’elle fait peser sur l’humanité et passionnante par les possibilités qu’elle ouvre dans le domaine des connaissances et de la communication entre les hommes. La génération du XXIe siècle connaîtra une fantastique rencontre de races et d’idées. Selon la façon dont elle assimilera ce phénomène, elle assurera sa survie ou provoquera sa destruction par des conflits meurtriers.»

Bien qu’un bon nombre d’entre nous rejoignent les rangs des groupes armés terroristes, ceux qui adoptent la non-violence, qui s’impliquent pour le développement, la politique et l’économie du pays sont de plus en plus nombreux chaque jour, particulièrement au sein des populations locales. Qu’ils soient de Bamako, de Kidal, de Ségou, de Mopti, de Sikasso, de Kayes ou de Tombouctou… leurs attentes sont la stabilité du pays, le rejet des groupes terroristes, la recherche d’emploi et l’insertion dans la société…

Ambitieuse, motivée, solidaire et déterminée, cette jeunesse malienne a su à de multiples reprises montrer sa présence et sa force. Le 23 août dernier, c’est en dressant des barricades sur la route, avec le blocage du pont de Kayes que les jeunes du collectif « Sirako » et ceux du FARK, ont contraint les autorités du pays à réagir. Face à cette mobilisation les autorités maliennes n’ont pu que répondre positivement  en entreprenant des travaux de réhabilitation de la Route Bamako – Kati – Diéma – Kayes – Diboli. Ces travaux assureront une certaine sécurité des routes utilisées au quotidien par des centaines de personnes.

Par conséquent, en considérant le contexte démographique du pays, les autorités ne peuvent que redoubler d’attention à l’égard des inquiétudes et revendications de ces jeunes qui, demain, décideront de l’avenir du pays. La reconstruction du pays se fera avec nous : la jeunesse malienne ! 

Tidiane / Le Petit Sahélien

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